|
Processus physiologiques mis en
place durant l’exercice
Qu’il s’agisse d’une simple
activité physique ou d’un exercice
plus intense, l’organisme est sujet
à des adaptations physiques durant
(augmentation des dépenses
énergétiques) et après l’exercice
(restauration des réserves
principalement en glycogène (1),
réparation des tissus endommagés et,
si l’activité est intense et
pratiquée régulièrement,
augmentation de la masse
musculaire).
De manière plus
précise, lorsqu’une activité demande
un effort physique les aspects
physiologiques vont être modifiés,
ceux-ci concernent principalement
les fonctions respiratoires et
circulatoires :
● Le débit cardiaque augmente suite à
une amplification de la fréquence
cardiaque (combien de fois par
minute le cœur se contracte, en
général au repos elle est de 72
battements par minute) et du volume
éjecté durant chaque contraction.
● Augmentation de la fréquence
respiratoire : nombre de cycles
respiratoires (inspiration et
expiration) par minute. Au repos
elle est d’environ 12 cycles par
minute.
● Eventuellement élévation du taux
d’acide lactique : l’acide lactique
est produit lorsque l’activité
dépasse une certaine intensité et
nécessite la production d’énergie de
façon anaérobique (voir ci-dessous).
Sa production a pour effet de
diminuer le pH au niveau des
muscles.
Ces processus physiologiques sont le
résultat de changements se
produisant à l’échelle cellulaire :
la contraction musculaire. Lors
d’une augmentation de l’activité
physique, les muscles vont
nécessiter des apports plus élevés
en énergie de façon à permettre
leurs contractions. La seule forme
d’énergie utilisable par la cellule,
y compris la cellule musculaire, est
l’adénosine triphosphate (ATP).
L’ATP est générée à partir de la
dégradation du glucose et ceci peut
se faire selon trois chemins
métaboliques (voies) en fonction de
la quantité d’énergie nécessaire
(donc de l’intensité et la durée de
l’exercice).
La voie aérobique est
empruntée lors d’activités
d’intensité plutôt basse et de
longue durée. La manière dont le
glucose est utilisé pour produire de
l’ATP nécessite de l’oxygène. La
voie anaérobique analactique
convient pour des exercices intenses
mais de courte durée. Le chemin
emprunté pour produire de l’ATP ne
requiert pas d’oxygène et aucun
acide lactique n’est généré.
Finalement, lors d’activités
intenses qui durent l’énergie est
synthétisée par voie anaérobique
lactique. Dans ce cas, l’oxygène
n’est toujours pas utilisé mais
l’acide lactique est produit.
Ainsi durant l’exercice, la
consommation d’oxygène, aussi appelé
volume d’oxygène (VO2), augmente
proportionnellement avec l’intensité
de l’activité physique jusqu'à
atteindre un seuil pour lequel ce
volume n’augmente plus malgré la
majoration de la charge de travail.
Ce volume seuil correspond au
VO2max. Au-delà cette valeur,
l’énergie est produite de façon
anaérobique, accompagnée de la
synthèse d’acide lactique.
Selon le type d’activité exercée les
nutriments brûlés vont varier.
Différents facteurs déterminent
quelle catégorie de « carburant » le
muscle va utiliser durant l’exercice
: l’intensité de l’activité
physique, sa durée, l’entrainement
de l’individu et son alimentation.
Intensité : Durant un exercice de
forte intensité, les acides gras ne
peuvent pas être utilisés car leur
dégradation est trop lente pour
permettre aux muscles d’obtenir
l’énergie qui leur est nécessaire.
De plus, les acides gras fournissent
moins d’ATP par litre d’oxygène
consommé que le glucose.
Durée : Plus l’activité sera de
longue durée, plus la contribution
des acides gras comme source
d’énergie sera importante.
Cependant, les acides gras ne
peuvent être métabolisés que si les
glucides sont disponibles. Donc, le
glycogène musculaire et le glucose
sanguin sont des facteurs limitant.
Ainsi, pour des efforts intenses de
très courte durée (moins d’un
dizaine de secondes) la
phosphocréatine (2) musculaire est la
principale source d’énergie, si cet
effort est maintenu le glycogène
musculaire sera utilisé avec
production de lactate. Des activités
d’effort modéré feront intervenir
préférentiellement les lipides
(acides gras du tissu adipeux puis
triglycérides musculaires).

Effet de l’entrainement : La durée
pendant laquelle un sportif peut
oxyder les acides gras pour produire
de l’ATP dépend de l’intensité de
l’exercice mais également de sa
condition physique. L’entrainement
augmente la capacité de l’individu à
métaboliser les acides gras.
D’autres adaptations physiologiques
sont le résultat d’entrainements
continus, étant donné que le corps
s’adapte au niveau d’intensité,
celles-ci comprennent la fréquence
cardiaque au repos, la tension
artérielle, la vitesse d’échange des
gaz (VO2max, capacité de transport
et assimilation de l’oxygène), le
volume de sang éjecté durant chaque
contraction cardiaque (volume
systolique), la masse musculaire du
myocarde, la capacité pulmonaire, et
le taux d’hémoglobine. En d’autres
termes, l’entrainement améliore les
fonctions respiratoires et
cardiovasculaires du sportif et
ainsi son rendement métabolique (il
est plus efficace à synthétiser de
l’énergie).
Concernant, l’acide lactique une
personne entrainée aura un seuil
plus haut que celui d’une personne
non-entrainée, ce qui signifie
qu’elle aura la possibilité de
travailler plus dur pour plus
longtemps avant que ses muscles
s’acidifient. Alors, qu’une personne
pas ou peu habituée à pratiquer une
activité sportive atteindra son
seuil lactique rapidement ce qui
causera une fatigue musculaire la
forçant à diminuer l’intensité de
l’effort ou même à cesser son
activité.
L’alimentation : Si le sportif a un
régime alimentaire riche en glucides
le glycogène musculaire sera utilisé
comme source d’ATP. Et s’il consomme
beaucoup de lipides ceux-ci
serviront plutôt de fuel. Mais des
ressources pauvres en glycogène
limitent l’endurance et la capacité
du sportif à effectuer des exercices
de forte intensité.
L’ordre de priorité du type de
substrat utilisé lors d’un effort
physique est le suivant :
●
Alcool : l’alcool est une toxine.
Se débarrasser le plus vite possible
de cette toxine devient donc la
principale priorité de l’organisme.
●
Protéines : l’obtention d’ATP à
partir de protéines est plus rapide
que d’aller piocher dans les
réserves de glycogène. Cependant, ce
métabolisme n’intervient que pour
des activités physiques de longues
durées.
●
Glucides : début de l’exercice
(glucose sanguin et glycogène
musculaire)
●
Lipides : lorsque l’exercice se
poursuit (acides gras sanguins et
triglycérides musculaires).
Toutefois, la capacité de
l’organisme à brûler les graisses
dépend de la quantité d’insuline
(donc de la quantité de glucose)
présent dans le sang : faible,
utilisation des graisses ou élevée
utilisation des glucides.
En pratique cependant les glucides
et les lipides sont les principaux
substrats énergétiques. Si
l’exercice physique est pratiqué
juste après un repas, le glucose
sanguin sera le premier substrat
énergétique. Quand celui-ci vient à
manquer l’organisme utilise ses
réserves : le glycogène stocké soit
dans le foie et les muscles et les
lipides sous la forme de
triglycérides stockés dans les
tissus adipeux.
Il n’est toutefois pas recommandé de
faire de l’exercice tout de suite
après avoir mangé et d’autant plus
que le repas a été copieux. Durant
la digestion le sang est mobilisé au
niveau de l’appareil digestif, les
muscles squelettiques sont donc
moins approvisionnés en sang,
favorisant ainsi la survenue de
crampes. De plus, le mouvement des
aliments dans l’estomac dû à
l’exercice peut générer de
l'inconfort et la digestion peut
également être compromise. Faire de
la marche après un repas est
possible mais il est préférable
d’attendre une à deux heures pour
des activités plus intenses.
(1) Glycogène :
forme de stockage du glucose au
niveau du foie et des musculaires.
Il correspond à de nombreuses
molécules de glucose reliées les
unes aux autres.
(2) Phosphocréatine :
molécule contenue dans le muscle qui
est riche en énergie.
>>
Besoins en énergie, macronutriments
et micronutriments
|