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Dysfonctionnement : le diabète

Le diabète est causé par des anomalies de l’action insulinique sur les cellules, ce qui se traduit par un glucose sanguin élevé (hyperglycémie). Ainsi, le sucre présent dans le sang n’est pas utilisé par les cellules ce qui a pour conséquence d’augmenter la production de glucose par le foie et les muscles (à partir du glycogène), ou à partir d’autres substrats (acides gras ou acides aminés).

>Les différents types de diabètes

Insulinorésistance
A ce stade le patient ne présente pas d’hyperglycémie, les cellules deviennent toutefois plus résistantes à l’insuline (insuline moins efficace). Cela signifie qu’une quantité plus importante d’insuline sera nécessaire pour obtenir la même réponse insulinique: que le glucose entre dans la cellule et soit utilisé par celle-ci. Le résultat est un besoin constant en glucides et une augmentation de la quantité de graisse stockée. Comme je l’ai mentionné précédemment l’utilisation des lipides comme source d’énergie est dépendant de la quantité d’insuline sanguine. A cela s’ajoute, une diminution de la capacité à stocker le glucose sous forme de glycogène dans les muscles ainsi que dans le foie.
Comme cet état ne présente aucun symptôme il peut tout a fait passer inaperçu. L’hyperinsulinémie (taux élevé d’insuline dans le sang) et une obésité androïde (répartitions des graisses dans la partie supérieur du corps, principalement l’abdomen) sont deux indicateurs d’insulinorésistance. Une alimentation trop riche en graisse, un excès pondéral et une absence d’activité physique sont les principales causes d’insulinoresistance.
Si l’insulinoresistance n’est pas soignée elle peut aboutir à un diabète de type II. En effet, à force de produire de l’insuline pour compenser cette résistance, le pancréas s’épuise et la glycémie s’accroît.

Diabète de type I
La destruction des cellules pancréatiques responsable de la production d’insuline est à l’ origine de ce diabète. Un manque d’insuline (hypoinsulinémie) en résulte, ce qui empêche le sucre de pénétrer dans les cellules. Le glucose, dont les cellules n’ont pas pu se servir, va être excrété dans les urines. Les symptômes de la maladie sont hyperglycémie, polyurie (besoin excessif d’uriner), déshydratation, polydipsie (soif excessive), amaigrissement, polyphagie (faim permanente).
La maladie apparaît souvent avant que l’individu n’ait 30 ans. Les individus souffrant de diabète de type I sont plutôt mince, ont une soif excessive et vont au toilette très souvent.
Pour compenser cette insuffisance, le patient doit s’injecter de l’insuline régulièrement, tout au long de la journée.

Diabète de type II
Ce diabète est le plus fréquent et survient dans la plupart des cas après 40 ans. Il est dû à une perte de sensibilité des cellules à l’insuline. Comme expliqué précédemment, l’individu devient tout d’abord insulinoresistance, l’hyperglycémie se développant ainsi progressivement.

Diabète gestationnel
Il est défini comme tout état d’intolérance au glucose, de gravité variable, révélé ou diagnostique durant la grossesse. Cet état est très similaire au diabète de type II. Il faut savoir que durant la grossesse le métabolisme du glucose et le control de la sécrétion d’insuline sont modifiés. En effet, pour répondre aux besoins en glucose (et énergie en général) du fœtus le corps de la femme s’adapte. D’une part, la capacité à faire des réserves facilement et rapidement est accrue, ce qui se traduit par une augmentation du nombre et de la taille des cellules du pancréas productrices d’insuline et donc une augmentation de la sécrétion d’insuline a la suite d’un repas. D’autre part, une hormone secrétée par le placenta, hormone lactogène placentaire (hPL), stimule la sécrétion d’insuline et assure un apport stable de glucose au fœtus. Ainsi pendant la grossesse, la glycémie diminue.
La résistance à l’insuline observée chez les patients souffrant de diabète gestationnel est principalement due à l’action de l’hPL. Les cellules du pancréas n’arrivent plus à produire assez d’insuline pour prévenir l’hyperglycémie.

>Conséquences pour la santé

La principale complication associée au diabète est d’ordre vasculaire, ce qui mène souvent à des troubles cardiovasculaires, rénaux, oculaires et nerveux. En effet, un excès permanent de glucose dans le sang va endommager les vaisseaux sanguins (processus d’accumulation identique à celui observé dans la tuyauterie de votre machine à laver avec le calcaire) ce qui va avoir pour conséquence de bloquer le flux sanguin. Un taux élevé de glucose dans le sang peut également dégrader les tissus nerveux.

Plus concrètement, les patients souffrant de diabète peuvent avoir :
Des engourdissements ou perte de sensibilité aux extrémités (dans le pire des cas cela conduit à l’amputation du membre -artérite),
Des lésions des vaisseaux fournissant le sang à la rétine (perte de la vue - rétinopathie),
Un taux de gras sanguin trop important notamment de cholestérol (maladies cardiovasculaires) ou
Une accumulation de toxines et autres éléments indésirables due à une défaillance rénale (nécessité d’effectuer des dialyses pour nettoyer le sang).

Concernant le diabète de type I, les patients peuvent, dans le pire des cas, faire ce qu’on appelle un coma diabétique. L’organisme ne pouvant utiliser le glucose comme substrat énergétique, les graisses vont remplir ce rôle. La production d’énergie à partir des lipides génère des corps cétoniques qui en grande quantité entrainent un déséquilibre acide-base et une déshydratation pouvant mener au coma acidocétonique.

>Traitement en adaptant son alimentation et mode de vie

L’organisme du diabétique ne sait pas faire face aux apports brutaux de glucose. Il est important que les personnes souffrant de cette maladie ne compense pas cette difficile régulation par une consommation excessive en aliments gras.
Avoir une alimentation équilibrée, riche en céréales complètes, fruits et légumes est la clé, surtout chez les personnes en surpoids avec un diabète de type II. Ces derniers doivent envisager un programme de perte de poids.

Le régime recommandé en termes de pourcentage par macronutriment est similaire à celui la population générale à l’exception de la répartition des glucides:

Glucides 50 à 55%, dont 60 à 65% de glucides complexes et 40 à 35% de sucres simples et limiter les produits sucrés à 5%
Protéines 12 à 15%
Lipides 30 à 35%

Ceux-ci sont des pourcentages de l’apport énergétique total (AET) qui correspond à environ 2200 kcal pour une femme âgée entre 20 et 40 ans et 2700kcal pour un homme.

Les aliments à IG et CG bas sont à privilégier (haricots secs, lentilles, pâtes complètes, pain au son ou seigle complet, quinoa, légumes verts, pommes, abricots, pamplemousse, prunes et pêches) puisque ces aliments permettent à l’organisme de contrôler de manière plus efficace le glucose sanguin. Chez les personnes souffrant de diabète de type I ces aliments réduiront les épisodes hypoglycémiques. Des études ont également démontrées qu’une alimentation riche en fibre diminuerait les risques de développer un diabète de type II.

Le chrome améliore les effets de l’insuline sur les cellules cibles et ainsi renforce l’assimilation du glucose. Il a été établi que les diabétiques de type II avaient un taux sanguin en chrome inferieur aux individus ne présentant pas la maladie. Plusieurs études ont révélé qu’une prise de complément en chrome augmentait l’action de l’insuline et permettait de lutter contre l’insulinoresistance, en particulier chez les individus en surpoids. Toutefois les résultats sont mitigés et les risques d’avoir des épisodes d’hypoglycémie existent.

La recherche a également prouvé qu’avoir une activité physique régulière permettait de réguler la glycémie. Pratiquer une activité physique doit faire partie intégrante du programme de traitement des personnes diabétiques.
En effet, l’exercice permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline, réduit les risques de maladies cardiovasculaires, contrôle le poids corporel et améliore le mental.
Attention néanmoins à suivre les conseils donnés par votre médecin ou diététicien(ne) qui adaptera le programme en fonction du type de diabète, de vos intérêts, votre âge, votre état de santé et vos aptitudes. Chez les diabétiques de type I, le taux d’insuline sanguin pendant et après l’exercice devra être contrôlé, attention donc à l’hypoglycémie.

Myriam FAURE
myriamf@hotmail.co.uk

>> Bibliographie
 
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