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Le sel dans l’alimentation
D’après l’étude menée par L’Agence
française de sécurité sanitaires des
aliments (Afssa) en 2002, les
français consomment en moyenne 10g
de sel par jour dont seul environ
20% serait trouvé naturellement dans
les aliments ou rajouté lors de la
cuisson. Ceci signifie que 80% du
sel consommé provient des produits
alimentaires issus de l’industrie. A
savoir tout de même que les
estimations obtenues à partir
d’enquêtes nutritionnelles ne sont
pas toujours très fiables car elles
sont basées sur la quantité de sel
acheté par les ménages.
Comme
mentionnée précédemment, la
natriurèse est une technique
beaucoup plus précise mais plutôt
contraignante puisqu’il s’agit de
récolter, dans un ou deux récipients
en plastique d’une capacité de 2
litres, toute l’urine excrété
pendant une journée complète.
Il existe donc plusieurs sources de
sel : celui présent naturellement
dans les aliments, celui de la
salière que l’on rajoute soit lors
de la cuisson ou directement dans
l’assiette, celui ajouté au cours du
conditionnement ou de la fabrication
de certains aliments et boissons et
finalement celui contenu dans les
médicaments.
>Sources de sel
Sources naturelles de sel
Les fruits de mer sont riches en
oligo-éléments dont le sodium. Les œufs
(surtout le blanc : 0,16g de Na par 100g de
blanc d’œuf), le lait, la viande et certains
légumes frais (asperge, betterave, céleri,
radis et laitue) sont également des sources
non négligeables. Finalement certaines eaux
de source gazeuses, telle que l’eau de
Vichy, en contiennent (4g de sel par litre).
Ajout de sel par l’industrie agroalimentaire
Dans le cadre du Programme National
Nutrition Santé (PNNS), l’Afssa instaure des
« niveaux » limites que les industriels
doivent respecter. L’objectif étant de
réduire les apports en sel en diminuant la
teneur en cet élément de certains produits.
Par exemple, il conseil aux boulanger de ne
pas ajouter plus de 18g de sel par kilo de
farine. D’après le rapport de l’Afssa sur le
sel de 2002, les fabricants auraient dû
réduire de 20% la teneur en sel de leurs
produits pour 2008. Mais ces
recommandations ont-elles été appliquées?
Contrôler sa consommation peu parfois se
montrer difficile sachant qu’il n’est pas
obligatoire pour les industriels de
mentionner la quantité de sel présente dans
un produit alimentaire. Un aliment est
considéré comme ayant une teneur élevée en
sel lorsqu’il en contient plus de 1,5g par
100g de cet aliment (ou 0,6g de sodium), et
une teneur faible lorsqu’il en contient 0,3g
ou moins par 100g (ou 0,1g de sodium). Les
teneurs moyennes se situent entre ces deux
limites, soit entre 0,3 et 1,5g de sel par
100g.
Une enquête a été menée par 60 Millions de
consommateurs entre 2003 et 2008 sur 357
produits afin d’évaluer leur teneur en sel.
Cette étude a montré que celle-ci était
restée constante pour la majorité des
produits malgré les recommandations de
l’Afssa.
Les
aliments enquêtés étaient :
●
Le pain : environ 1,9g de
sel pour 100g de produit
●
La charcuterie
: 2g/100g pour le jambon cuit,
5,1g/100g pour le jambon cru et
4,6g/100g pour le saucisson
●
Les fromages : par
exemple camembert 1,6g/100g,
chèvre 1,8g/100g et bleu
2,5g/100g ; alors que l’emmental
n’en contient que 0,7g/100g
●
Les soupes : liquides et
déshydratés 0,75g/100g
●
Les plats cuisinés :
entre 1,3 et 0,9g/100g
●
Les snacks (quiches,
pizzas, etc.) : 1,3g/100g.
Bien que leur teneur ait baissé, les céréales
pour petit déjeuner restent toutefois trop
riches en sel (en moyenne entre 1,9 et
0,9g/100g).
En plus de ces produits, les viennoiseries, les
biscuits, les pâtisseries, les biscottes, les
jus de légume, les sandwiches, les gâteux
apéritifs, les fruits oléagineux salés, le
beurre salé, la margarine et certains condiments
(la sauce soja, le ketchup, la mayonnaise…) sont
particulièrement salés. On remarque que ceci
concerne non seulement les aliments à goût salé
mais également ceux à goût sucré. >Utilisation
du sel
Comme exhausteur de goût
Le sel est l’une des saveurs fondamentales
ainsi que le sucré, l’amer, l’acide et
l’umami (5). Le sel permet d’augmenter la
saveur des alim ents ou de les rendre plus
savoureux, c’est le cas par exemple du pain
et des pâtes. Il sert également à masquer un
goût désagréable. De manière générale, il
augmente les propriétés organoleptiques (6)
des aliments notamment de la charcuterie et
des fromages.
Comme agent de conservation
Le sel est très largement utilisé comme
agent de conservation naturel. En réduisant
la quantité d’eau présente dans le produit,
le sel limite la croissance des
microorganismes indésirables. Les aliments
concernés sont la viande, le poisson et les
produits laitiers en particulier le fromage
et le beurre. Malgré l’apparition des
réfrigérateurs, la conservation par le sel
reste importante et aide à maintenir une
bonne hygiène pour certains aliments.
Comme agent de liaison
L’ajout de sel sert de liant sachant que la
solubilité de certaines protéines est
diminuée par celui-ci. Ainsi, le sel permet
de maintenir la texture de la viande et
d’éviter les pertes durant la cuisson.
Le sel fait également dégorger certains
aliments tels que les légumes (aubergines,
champignons, concombres…). Il peut avoir le
même effet sur les viandes à condition que
les fibres musculaires aient été coupées de
travers comme pour le blanc de poulet ou
l’entrecôte.
Comme contrôleur de couleur
Tout comme les nitrates, le sel donne à la
charcuterie telle que le jambon, le bacon et
le saucisson une couleur plus attrayante. Il
intensifie également la couleur dorée de la
croûte de pain en réduisant la destruction
des sucres dans la pâte et augmentant la
caramélisation.
Comme contrôleur de fermentation
Le sel permet de limiter la levée des pains
en régulant la fermentation. En effet, le
sel retarde la croissance des bactéries, des
levures et des moisissures. Ceci permet
aussi de conserver le produit en limitant le
développement des bactéries nocives pour la
santé. Finalement, il intervient dans la
fermentation et l’élaboration de la croûte
des fromages.
Comme stabilisateur
Le sel renforce la tenue du pain, apporte un
grain et une texture uniforme en agissant
sur le levain ainsi que sur la teneur en eau
contenu dans celui-ci.
Modifier la quantité de sel présent dans les
aliments, en particulier le pain, la
charcuterie et le fromage, aura des
conséquences sur leurs qualités
organoleptiques mais également apportera des
contraintes technologiques et sanitaires
durant la fabrication de ces aliments. Il
est ainsi difficile de réduire la quantité
de sel présent dans la charcuterie sans
porter atteinte aux critères de production
et d’hygiène.
(5) Umami : saveur
originaire du Japon qui provient de
la stimulation des récepteurs du
goût déclenché par l’acide
glutamique. Il s’agit d’un acide
aminé présent dans la viande, le
fromage ainsi que dans la cuisine
asiatique sous forme de glutamate
monosodique.
(6) Organoleptique : qui agit
sur les organes sensorielles (goût,
odorat, toucher)
>> Pathologies associées
à la consommation de sel
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