Le fer est un élément essentiel
retrouvé dans pratiquement tous les organismes
vivants. Il possède des rôles primordiaux à
l’échelle cellulaire notamment dans le
métabolisme.
La carence en fer est la plus observées en
termes de micronutriments et elle touche
essentiellement les populations des pays en voie
de développement mais également certaines
catégories de personnes à risques dans les pays
industrialisés. La conséquence la plus commune
de cette déficience est l’anémie.
Le fer, qu’est-ce que c’est?
Cet oligoélément existe sous deux
formes dans les aliments. Le fer
héminique d’origine animale que l’on
retrouve dans la viande et le
poisson ; et le fer non héminique
d’origine végétale présent dans les
légumes secs, les céréales, les
fruits et les légumes.
Le fer héminique a une
biodisponibilité plus importante
(25%) que le fer d’origine végétale
(5%), ce qui signifie que la
majorité de ce fer ingéré sera
absorbé, transporté et utilisé par
l’organisme.
Certains éléments vont influencer
son absorption qui s’effectue au
niveau de l’intestin. Les phytates
et polyphénols (contenus dans les
céréales, les légumes secs, les
graines oléagineuses et les légumes
verts), les tannates (dans le thé,
le café et le vin), les phosphates,
les oxalates (contenus dans les
fruits et légumes en particulier la
rhubarbe et les épinards), certains
minéraux comme le calcium, le zinc,
le manganèse ou le cuivre, et le
jaune d’œuf diminuent son absorption
tandis que la vitamine C, les
protéines, et certains acides
organiques (tels que l’acide
lactique, contenu en particulier
dans le lait et les produits
laitiers et l’acide citrique contenu
dans les agrumes) le favorisent.
L’absorption digestive du fer est
modulée par le type de fer consommé,
sa quantité, l’action du suc
gastrique et les besoins de
l’individu (carence : absorption
accrue, ou surcharge : absorption
réduite). Quelque soit l’âge,
l’absorption du fer est plutôt
basse, entre 10 et 15%, ce qui
signifie que les quantités de fer
consommés doivent être bien
supérieures aux besoins. Par
exemple, un adulte nécessitera entre
1 et 2mg de fer par jour mais il
devra en consommer quotidiennement
entre 10 et 15mg.
Le fer présent chez la femme
équivaut environ à 2g et chez
l’homme à 5g. Le maintien de ces
taux dépend de trois facteurs : les
apports, le stockage et les pertes
en fer. Les deux tiers de la
quantité totale en fer est présent
dans l’hémoglobine (1) , un quart
est mis en réserves et le reste est
ce qu’on appelle du fer fonctionnel
(fer entrant dans la composition de
la myoglobine (2) et d’enzymes).
Tableau 1 : Distribution du fer

La mise en
réserves du fer est fonction de la
nature du fer consommé (héminique ou
non héminique) et donc de sa
biodisponibilité ainsi que des
besoins de l’individu. Il est stocké
sous forme de ferritine (majeure) ou
d’hémosidérine (secondaire, moins
mobilisable), dans le foie, la rate,
les muqueuses intestinales et la
moelle osseuse. Ces réserves sont
donc influencées par la nutrition de
long terme et des paramètres
agissant sur son absorption et
utilisation. Le fer est véhiculé
dans le sang associé à une protéine,
la transferrine, afin d’être utilisé
ou stocké.
Les pertes sont en général plus
importantes chez la femme (2mg/j)
que chez l’homme (1mg/j). En effet,
aux pertes par les selles, les
urines, la sudation, la desquamation
(3) de la peau et de la muqueuse
intestinale et les saignements
(normaux) de l’appareil digestif
s’ajoute les menstruations, la
grossesse et l’allaitement.
Les besoins en fer fluctuent donc au
cours de la vie et sont fonction du genre (homme
ou femme).
Tableau 2 : Apport
Nutritionnel Conseillé pour le fer en mg par
jour (Afssa)

(1) Hémoglobine :
pigment présent dans les globules
rouges, responsable de leur
coloration, permettant la fixation
et le transport de l’oxygène.
(2) Myoglobine : transporteur
d’oxygène dans les muscles. Sa
structure est similaire à celle de
l’hémoglobine.
(3) Desquamation : perte de la
couche superficielle de la peau ou
d’une muqueuse.
>> A quoi sert le fer,
est-il toxique? Origine des carences en fer