Les conséquences physiologiques des régimes
>Des troubles du métabolisme
Le métabolisme va s’adapter aux
restrictions alimentaires et va
ménager les organes vitaux (cerveau
et cœur). Le métabolisme de base est
donc réduit : la thermorégulation
est moins précise (sensibilité au
froid accrue),
le débit cardiaque,
la pression artérielle et la
respiration seront plus faibles. Les
réserves de glycogène (forme de
stockage du glucose) sont très
basses voire nulles. La glycémie est
toutefois maintenue à un niveau
normal grâce à la synthèse de
glucose à partir d’autres nutriments
(protéines et lipides). La sécrétion
d’insuline est basse mais stable et le
taux de glucagon élevé. Ces deux
hormones sont antagonistes, le
glucagon promouvant la dégradation
des réserves de l’organisme.
Eventuellement, au long terme une
hypoglycémie (1) peut survenir.
On constate également une altération
du fonctionnement de certaines
glandes endocrines telles que la
thyroïde et les glandes surrénales.
Ces modifications vont dérégler
d’autant plus le métabolisme.
>Un affaiblissement de l’organisme
L’affaiblissement de l’organis
me est
le résultat direct du déficit
énergétique. Les difficultés à
effectuer une activité ainsi qu’à
récupérer après un effort sont les
premiers signes.
Les individus suivant un régime
hypocalorifique ont également des
risques accrus de contracter une
infection. Les carences en macro et
micronutriments, notamment en
protéines, en vitamines A et C, en
zinc et en sélénium, fragilisent le
système immunitaire.
>De l'atrophie musculaire
Des apports caloriques insuffisants
pour couvrir les dépenses
énergétiques de l’organisme
conduisent à l’utilisation des
réserves d’abord en glucides et en
lipides, et si ils sont maintenus à
celle des protéines. A ce stade, le
cœur et le cerveau sont épargnés au
détriment des muscles, du foie, du
tube digestif, des reins et des
glandes endocrines. Ceci se traduit
par une diminution de la masse
musculaire et de l’activité de ces
différents organes.
>Des troubles
cardiovasculaires
Le ralentissement du métabolisme
causé par le manque de nutriments et
d’énergie affecte le système
cardiovasculaire à différents
niveaux, augmentant les risques de
conditions cardiovasculaires. Les
personnes dénutries présentent ainsi
une chute de la pression artérielle,
une diminution du débit et du rythme
cardiaque et une réduction du volume
sanguin.
>Les autres troubles
Le manque de protéines se reflète
directement sur l’aspect physique de
l’individu souffrant de ce type de
trouble alimentaire. Au niveau de la
peau on observe une sécheresse, et
des œdèmes peuvent apparaître. Les
pieds et les mains sont froids, les
cheveux ternes, rares et fragiles,
les ongles mous et cassants, et le
teint pâle. Un duvet peut également
se développer sur le dos, les bras
et les côtés du visage.
La réduction des tissus graisseux et
les dérèglements hormonaux résultant
de la dénutrition entrainent chez
les femmes l’arrêt des règles.
Du fait du peu de fibres qu’il
contient, un régime strict engendre
de la constipation. De plus, un
transit intestinal normal nécessite
des apports alimentaires suffisants
pour former les selles.
A long terme, si elle n’est pas
traitée, l’anorexie peut aboutir à
la mort.
Les conséquences psychologiques des régimes
Une carence alimentaire va avoir des
répercussions sur le cerveau et son
activité de deux manières. D’abord
d’un point de vue structural.
Comme expliqué précédemment, une
restriction calorifique mène à la
fonte du tissu adipeux. Les cellules
de l’organ
isme auront de plus en
plus de mal à obtenir les lipides
rentrant dans la constitution de
leur membrane. Or dans les neurones,
ces lipides interviennent dans la
génération et la transmission des
messages nerveux partout dans le
corps et plus particulièrement le
cerveau.
Ensuite d’un point de vue
métabolique. Les faibles apports
glucidiques vont mener à
l’utilisation des lipides comme
source d’énergie par les organes non
glucodépendants (2) (cœur, muscles
etc.). Le métabolisme de ces lipides
produira des corps cétoniques qui
eux pourront fournir de l’énergie au
cerveau si le déficit énergétique se
poursuit. En effet, le cerveau est
glucodépendant, c’est-à-dire que le
glucose est la seule molécule qu’il
peut dégrader pour générer de
l’énergie, en son absence les corps
cétoniques peuvent être utilisés.
Toutefois ceci n’est pas sans
conséquence, l’accumulation de ces
corps cétoniques dans le sang
diminue son pH, ce qui, si elle
persiste, peut conduire au coma.
Ces modifications vont avoir des
implications sur le comportement et
les facultés cognitives de
l’individu. Les symptômes
psychologiques souvent observés chez
les anorexiques sont dépression,
irritabilité, difficulté à se
concentrer et repliement sur
soi-même. Dans les cas extrêmes, le
désespoir et les pensées suicidaires
peuvent s’installer. Au fur et à
mesure que la perte de poids
augmente, les individus deviennent
de plus en plus obsédés par la
nourriture et le monde extérieur à
de moins en moins d’importance. Ceci
peut aboutir à un retrait total
d’une vie sociale y compris une vie
sexuelle, ceci étant en partie dû
aux dérèglements hormonaux qui sont
à l’origine d’une perte de la
libido.
Les adolescents et les
régimes
La restriction alimentaire a des
conséquences d’autant plus
dramatiques chez les adolescents.
Durant la puberté (probablement
entre 9 et 18 ans) de nombreux
changements physiologiques se
mettent en place, lesquels
nécessitent des apports alimentaires
adéquates en quantité ainsi qu’en
qualité. C’est en effet une période
pendant laquelle il y a «
construction » de tissus, qui se
traduit par ce qu’on appelle la
poussée de croissance. Les muscles
et les os se développent, l’activité
hormonale est très intense, et les
caractères sexuels apparaissent
(premières règles, pilosité,
renforcement de la libido, etc.).
Ces mécanismes sont très demandeurs
d’énergie d’où une fatigue continue
souvent observée chez les individus
de cette tranche d’âge. Ces
modifications ne sont pas sans
conséquences sur le psychique des
adolescents, ce qu’un déséquilibre
alimentaire peut amplifier.
Les signes physiques observés chez
les adolescents sont similaires à
ceux des adultes toutefois à ceux-ci
s’ajoute un retard de croissance et
un développement osseux anormal dû à
une carence en protéines, vitamine
D, calcium et phosphore. La puberté
peut dans les cas extrêmes être
retardée et des troubles
intellectuels peuvent apparaître.
(1) Hypoglycémie :
taux de glucose sanguin inférieur à
la normal
(2) Glucodépendant : glucose est la
seule source d’énergie
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alimentation équilibrée