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Les bienfaits des Omégas-3


Par Myriam Faure, le 03/04/2010

Une alimentation saine et équilibrée permettrait non seulement de guérir le corps mais également l’esprit. Malgré le manque de reconnaissance du gouvernement et de la plupart des professionnels de la santé, un intérêt soudain a émergé au sein de la recherche concernant un nouveau traitement possible des maladies mentales par l’alimentation.



Les omégas 3 ou comment entretenir sa santé mentale


En effet, de récentes recherches ont démontré que certains aliments, en particulier les acides gras oméga˗3, auraient la capacité de réduire les symptômes ainsi que les risques de développer certaines conditions mentales.
Aujourd’hui les désordres mentaux tels que la dépression, l’anxiété, les troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA) chez les enfants, la schizophrénie ou la maladie d’Alzheimer, sont de plus en plus communs, touchant des individus des deux sexes, de tous âges ou milieu social. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS), en France 3% des décès sont dues aux maladies mentales; 15% de la population souffre de troubles mentaux et le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et la première chez les 25-35 ans.
La plupart des désordres mentaux sont des états débilitants qui diminuent de manière significative la qualité de vie des individus affectés par ces conditions. C’est pour cela que des traitements plus efficaces que ceux actuellement prescrits ont besoin d’être découverts afin de permettre aux malades de retrouver une vie « normale ».



Les acides gras polyinsaturés


Deux familles d’acides gras polyinsaturés ont démontré avoir des effets sur les désordres mentaux, les oméga˗3 (ω-3) et les oméga˗6 (ω-6). Ces acides gras sont dit essentiels, c’est˗à˗dire qu’ils ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme et doivent donc être apportés par l’alimentation. L’apparition des symptômes peut résulter d’un apport insuffisant en oméga-3, en particulier l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et acide docosahexaénoïque (DHA) et probablement aussi d’un apport inadéquat en l’oméga-6 acide arachidonique (AA).

EPA, DHA and AA peuvent provenir directement de l’alimentation ou être synthétisé à partir de leur précurseurs : acide alpha-linolénique (ALA) pour les oméga˗3 et acide linoléique (LA) pour les oméga˗6. Cependant, la quantité de DHA et AA produit à partir d’ALA et LA est limitée et il est donc recommandé d’avoir des apports nutritionnels en ces acides gras suffisant pour subvenir aux besoins de l’organisme.

Les oméga˗3 et oméga˗6 sont trouvés principalement dans les aliments d’origine marine : algues, poissons gras (maquereau, saumon, hareng, anchois, sardines, etc.) et crustacés. Certaines plantes et graines peuvent toutefois représenter une source non négligeable telle que les graines de lin, l’huile de noix ou de colza et le chanvre..



Les mécanismes impliqués


Nos gènes d’aujourd’hui sont peu différents de ceux de nos ancêtres paléolithiques alors que notre alimentation a considérablement changé. Les populations des pays industrialisés se nourrissent principalement de produits raffinés et transformés, riches en acides gras saturés et pauvres en polyinsaturés. Il y eu donc une modification de la consommation des graisses : les apports en oméga˗6 et acides gras trans, que l’on retrouve dans les huiles végétales hydrogénées, ont augmentés alors que les apports en oméga˗3 ont diminués.
Ces changements rapides et draconiens de notre alimentation sont de potentiels promoteurs de conditions telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies mentales.

Comme tout autre organe du corps, le cerveau est affecté par la nourriture consommée. Pour fonctionner et se développer correctement, le cerveau a besoin d’une gamme de nutriments fournis en quantité et en proportion adéquate les uns par rapport aux autres. Beaucoup de nutriments sont impliqués, mais les acides gras sont les éléments clés, sachant que 60% du poids sec du cerveau est constitué d’acides gras dont 50% sont les acides gras polyinsaturés (PUFA) tels que les oméga˗3 et les oméga˗6. Ces acides gras sont les principaux constituants des membranes cellulaires, sachant que le cerveau est l’organe qui en contient le plus il n’est pas surprenant que sont taux en PUFA soit si élevé.

Ces PUFA ont de grande chance d’être impliqués dans les troubles psychiatriques dus non seulement à leur action sur la structure cérébrale mais également sur son fonctionnement. Il a été en effet prouvé que les PUFA sont capables de moduler la fluidité des membranes des cellules nerveuses (neurones), l’activité des neurotransmetteurs impliqués dans les troubles mentaux (sérotonine et dopamine) et la réponse inflammatoire. Les neurones sont les cellules qui permettent la formation et la transmission de l’information au sein du système nerveux sous forme de signal électrique grâce aux neurotransmetteurs. Lorsque la fluidité des membranes est modifiée, notamment en devenant moins perméable aux neurotransmetteurs, ces derniers ne peuvent plus véhiculer entre les neurones et l’information nerveuse ne passe donc plus.

Une carence en oméga˗3 serait à l’origine d’une diminution du taux de dopamine. De plus, ces acides gras auraient un effet antidépresseur ou stabilisateur d’humeur due à leur action sur le neurotransmetteur sérotonine.

Finalement, les acides gras semblent être impliqués dans la réponse inflammatoire et affecter le système immunitaire en agissant sur les cellules immunitaires grâce aux eicosanoïdes (prostaglandins, leukotrienes et thromboxanes) et les cytokines. AA et EPA peuvent être transformés en agents aux propriétés semblables à celles des hormones, les eicosanoïdes. L’un des résultats de l’activité de ces molécules est d’atténuer l’inflammation qui au niveau du cerveau peut mener à une réduction des troubles mentaux. Les cytokines quant à elles activent ou inhibent le système immunitaire, ainsi l’inadéquate production de ces agents (due à un apport insuffisant en oméga˗3) peut conduire à des réactions inflammatoires cérébrales soupçonnées d’être à l’origine de troubles du comportement.



Où en est la recherche ?


De nombreuses maladies ou conditions ont été étudiées (dépression sous ses formes variées, difficultés d’apprentissage, THADA, maladie d’Alzheimer et de Huntington, schizophrénie, syndrome de fatigue chronique, et autisme) et une claire corrélation apparaît entre des habitudes alimentaires peu équilibrées et/ou saines et la montée de ces troubles mentaux. Il semble possible que ces conditions soient causées par un apport de pauvre qualité ou en quantité insuffisante de certains nutriments essentiels pour un fonctionnement cérébral normal.

L’impact des changements d’habitudes alimentaires sur les troubles psychiatriques a été démontré par Hibbeln en 1998. Son étude a révélé que les pays avec des taux de consommation de poisson importants, comme le Japon par exemple, avaient une fréquence de dépression moindre.

La dépression semble être associée à un disfonctionnement du métabolisme des acides gras PUFA. Comme ces molécules ne peuvent pas être fabriquées par le corps humain, les apports alimentaires ont de grandes chances d’avoir un rôle modulateur des activités cérébrales. La quantité de ces acides gras consommés peut être estimée en mesurant la composition lipidique du plasma et des globules rouges. Les analyses faites de cette manière ont permis de révéler l’existence d’une corrélation entre le taux de PUFA et le degré de sévérité de la dépression. Les effets des PUFA sur la dépression ont été également évalués en administrant de fortes doses de ces acides gras à des patients atteints de dépression. Dans cinq des sept études effectuées, les symptômes se sont améliorés de manière significative chez les patients ayant reçu les suppléments.

Une équipe de chercheurs a également prouvé que les personnes âgées qui consomment du poisson régulièrement sont moins dépressives, ont de meilleurs résultats aux tests cognitifs et ont de moindre risques de développer la maladie d’Alzheimer.

Les meilleurs résultats semblent toutefois avoir été obtenus par des études traitant des troubles de l’humeur.



Un changement alimentaire plutôt que des médicaments


Soigner en modifiant son alimentation présente l’avantage d’éviter les effets secondaires dut à la prise de médicaments. Comme les antidépresseurs agissent sur les neurotransmetteurs présents partout dans le corps et pas seulement dans le cerveau, de nombreux effets secondaires sont observés.
Les plus communs sont : disfonctionnement sexuel, trouble de la vision, malaise, perte d’appétit, nervosité, insomnie, nausée, diarrhée et/ou constipation. Ils ne permettent pas de traiter la cause du problème associé avec l’émergence de la maladie, ils n’agissent que sur les symptômes d’où l’apparition de rechute lorsque la prise est interrompue. A ceci s’ajoute également le coût ainsi que le manque de succès parfois observé avec les médicaments prescrits.



Recommandations


L’accumulation des PUFA dans le cerveau se fait durant les premières années de vie. Cette période est cruciale pour la croissance et le développement cérébral, il est donc important que ces acides gras soient fournis en quantité et en qualité adéquate afin que le jeune enfant ait des fonctions cérébrales normales. Le placenta durant la vie fœtale et l’allaitement après la naissance, permettent à l’enfant d’avoir des apports en PUFA appropriée à condition que la mère en consomme suffisamment.

Il est recommandé de manger environ deux portions de poisson par semaine (environ 140g) dont une de poisson gras, ce qui correspond a environ 1 ou 2 grammes d’EPA et DHA par semaine. Cependant, à cause des nombreux autres facteurs qui interfèrent avec la synthèse de ces acides gras comme le mode de vie (stress, fumer, importante consommation d’alcool) et les facteurs de maladie (dommage oxydatif, infection viral, changement hormonal), même si les apports alimentaires sont suffisant des carences peuvent encore subvenir. Il semble également que la synthèse d’EPA et DHA varie selon le sexe et l’âge. En effet, les femmes paraissent avoir un taux de conversion d’ALA en EPA et DHA plus important que les hommes, probablement due aux œstrogènes.




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