
Un être humain consacre en moyenne 28 années de son
existence à dormir. Le rôle du sommeil reste obscur mais les
conséquences de sa privation sur la santé connaissent un
intérêt croissant. Il semblerait que le manque de sommeil
soit associé à certaines conditions liées à l’alimentation
(obésité et diabète) en altérant le métabolisme, les
dépenses énergétiques ainsi que les apports alimentaires.
Les changements causés par nos modes de vie modernes
pourraient expliquer, du moins en partie, la pandémie de
l’obésité. Inversement, une mauvaise alimentation
accompagnée de problèmes de poids modifierait la qualité du
sommeil.
Le sommeil et sa privation
Le sommeil est composé de 3 à 5
cycles durant chacun 90 minutes et
alternant entre phase de sommeil
lent et phase de sommeil paradoxal.
Il est régulé de façon complexe, à
la fois par des neurones
(neurotransmetteur) et des hormones,
on parle de régulation
neuroendocrinienne. De nombreuses
structures cérébrales interviennent
en particulier l’hypothalamus.
Pendant que nous dormons, différents
modifications physiologiques se
produisent : les muscles et les
vaisseaux sanguins se dilatent, le
rythme cardiaque et la respiration
sont ralenti, la température
corporelle diminue (d’environ 1°C)
et de nombreuses hormones sont
sécrétées telles que les hormones de
croissance (GH).
La fonction véritable du sommeil
n’est toujours pas identifiée malgré
l’idée générale qui est qu’il permet
à l’organisme de se reposer. D’après
les études faites sur le sujet,
dormir est indispensable au bon
fonctionnement cognitif tel que
l’apprentissage et la mémorisation.
Ainsi, de nombreux processus
physiologiques prennent place durant
l’endormissement et le cerveau est
loin d’être au repos sachant que
c’est durant cette période que le
maintien des connexions entre les
neurones - stockage de nouvelles
connaissances acquises durant la
journée - se fait. La quantité
d’énergie « économisée » est plutôt
minime puisque pendant la phase de
sommeil paradoxal la quantité de
glucose et d’oxygène (molécules
précurseurs d’énergie) consommé est
équivalente à celle de l’éveil.
Ainsi, seul 15% de l’énergie
utilisée par un sujet assis en
période d’éveil sera épargnée
comparé au même sujet endormi.
De nos jours, les enfants tout comme
les adultes dorment moins
qu’auparavant, en moyenne une heure
et demie de moins qu’il y a un
siècle. Cette tendance s’accompagne
d’une perturbation de la rythmicité
hormonale. Tout comme la prise
alimentaire, le cycle veille-sommeil
est rythmé, ce rythme est établi par
l’organisme, le cerveau plus
précisément, c’est l’horloge
interne localisé dans
l’hypothalamus. Ce rythme
biologique, appelé rythme
circadien, est synchronisé par
le cycle nuit/jour et a une durée de
24h. De plus, il continue d’exister
en l’absence de repères temporels et
environnementaux, d’où les
difficultés d’adaptation pour les
individus travaillant de nuit ou en
décalage horaire (jetlag). Ainsi,
certains comportements (cycle
veille-sommeil, prise alimentaire…),
fonctions physiologiques (tension
artérielle, rythme cardiaque,
température corporelle…) et
sécrétions hormonales présentent des
variations régulières au cours d’un
cycle de 24h. Une combinaison de
signaux nerveux et hormonaux émanant
de l’hypothalamus permet aux
processus biologiques d’acquérir
leur rythmicité.
>> Le
sommeil et sa privation, action sur les
hormones...