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Sommeil et maintien d’un poids corporel sain
Une corrélation entre le nombre
d’individus souffrant d’obésité et
la diminution du temps de sommeil a
été observé lors de plusieurs
investigations. Ceci laisse à penser
qu’une insuffisance chronique de
sommeil interviendrait dans le
développement de la condition.
>Effet sur le métabolisme du glucose
Le taux de glucose sanguin, la
glycémie, est régulé avec précision
tout au long de la journée afin de
fournir aux tissus l’énergie dont
ils ont besoin. Pendant le sommeil,
l’organisme doit continuer à
satisfaire ces besoins, en
particulier ceux du cerveau, malgré
une absence d’apports alimentaires.
La tolérance au glucose correspond à
la capacité de l’organisme à
maintenir la glycémie à un niveau
permettant le bon fonctionnement des
différents tissus. Elle dépend de la
quantité d’insuline produite par les
cellules du pancréas et de
l’utilisation du glucose par les
tissus grâce à cette dernière, c’est
ce que l’on appelle la sensibilité à
l’insuline. L’insuline permet en
effet au glucose de pénétrer la
cellule et d’être soit stocker sous
forme de glycogène dans le foie et
les muscles soit générateur
d’énergie. Mais ce n’est pas tout,
l’insuline favorise également la
synthèse des protéines ainsi que
celle des lipides, et bloque leur
dégradation ce qui promeut leur
stockage entre autres dans le foie
et les tissus adipeux. On parle de
résistance à l’insuline lorsque des
quantités plus importantes
d’insuline sont nécessaires afin de
maintenir la glycémie à un niveau
normal.
Il a été remarqué que des périodes
de sommeil courtes (inférieur à 6h30
de sommeil par nuit), répétées,
étaient associées à une diminution
de la tolérance au glucose. Le
glucose s’accumule dans le sang
faute de pouvoir pénétrer les
cellules, ceci entraînant une
élévation du taux sanguin d’insuline
et le stockage de ce glucose sous
forme de graisse.
D’une part, des nuits de sommeil
trop courtes augmentent, les risques
de développer un diabète de type II
du fait de cette tolérance au
glucose accrue (insuline et hormones
thyroïdiennes) et de l’augmentation
de la sécrétion de cortisol en
particulier en soirée. D’autre part,
la production excessive d’insuline
rend le maintien et le contrôle d’un
poids corporel normal difficile.
De façon générale, la privation de
sommeil ralenti le métabolisme du
glucose ce qui favorise non
seulement la résistance à l’insuline
mais également l’expansion des
cellules adipeuses (chez l’adulte
seul l’hypertrophie (5) peut se
produire) et l’élévation de
molécules inflammatoires produites
par ces cellules. Ces agents
inflammatoires, appelés cytokines,
semblent être responsables de
l’apparition de conditions telles
que l’obésité et les maladies
cardiovasculaires.
>Gestion des apports
alimentaires
La prise de poids est contrôlée
principalement par la consommation
de nourritures (boissons et
aliments). La faim est une sensation
désagréable qui encourage l’individu
qui la ressent à se nourrir jusqu’à
que celle-ci cesse, c’est-à-dire
quand la satiété est atteinte. La
sensation de faim apparaît lorsque
la quantité de glycogène (forme de
stockage du glucose) présente dans
le foie est trop faible
(probablement aux alentours de 200g)
pour permettre le maintien d’un taux
de glucose sanguin normal (entre
0,8g/l et 1,1g/l). Les hormones
informant l’organisme que la prise
d’aliments devient nécessaire, en
particulier l’insuline, sont
sécrétées 4 à 5 heures après le
repas.
D’autres messagers chimiques
présents dans les neurones, les
neurotransmetteurs, sont impliqués à
la fois dans le cycle veille-sommeil
et dans la prise alimentaire ainsi
que la gestion des dépenses
énergétiques. Ceux sont notamment la
sérotonine, les catécholamines
(dopamine, noradrénaline et
adrénaline) et les peptides
(notamment le neuropeptide Y). La
sérotonine affecte l’appétit en
agissant sur la sensation de satiété
pendant le repas, les catécholamines
celle entre les repas et les
peptides jouent un rôle dans le
plaisir éprouvé lors de la
consommation d’aliments. A noter
qu’une réduction de la sérotonine et
une élévation des neuropeptides Y
entraîne une envie accrue pour les
glucides. Concernant le cycle
veille-sommeil, la sérotonine et les
peptides vont promouvoir
l’endormissement tandis que les
catécholamines sont des facteurs
d’éveil.
Mais les deux principaux agents
intervenant dans l’apparition de la
sensation de faim sont la leptine et
la ghréline. La leptine est une
hormone produite par les tissus
adipeux qui permet, à long terme, de
maintenir un poids corporel stable
malgré des variations alimentaires
parfois importantes. La leptine
tient le cerveau informé de l’état
des réserves énergétiques de
l’organisme. Une modification du
taux circulant de leptine entraîne
une augmentation ou une réduction
des apports alimentaires déclenchés
par la présence ou l’absence d’une
sensation de faim. Ainsi, lorsque
les apports alimentaires sont
suffisants et que la satiété est
atteinte, sa sécrétion augmente. Au
contraire, la ghréline, sécrétée par
l’estomac, stimule l’appétit.
Il a été démontré que le manque de
sommeil était associé à une
diminution de la sécrétion de
leptine et une augmentation de celle
de ghréline. Il en découle une
augmentation disproportionnée de
l’appétit par rapport aux besoins,
la préférence se faisant pour des
aliments riches en glucides et en
lipides. Des études menées sur des
souris ont confirmés ces données :
lorsque celles-ci étaient
continuellement maintenu éveillées
elles mangeaient des grandes
quantités de nourriture. En effet,
le manque de sommeil altère la
capacité de ces deux hormones à
indiquer au cerveau, de manière
précise, les besoins calorifiques et
peut résulter en des apports
alimentaires excessifs lorsque la
nourriture est disponible à volonté.
Inversement, les sujets soumis à une
privation de nourriture ou à la
famine dorment moins.
Le rapport de Ohno et al., basé sur
des études effectuées sur des
rongeurs, témoigne de l’implication
de ces hormones dans la gestion de
la prise alimentaire et leur
connexion avec le cycle
veille-sommeil. En effet, ces
hormones agiraient sur un groupe de
neurones particuliers, les neurones
à orexine, qui régulent à la fois le
sommeil et le métabolisme en
agissant sur l’équilibre énergétique
et l’état d’éveil.
>Energie et le cycle
veille-sommeil
La privation de sommeil s’accompagne
en théorie d’une augmentation,
légère (en moyenne 15%, en fonction
de l’activité physique de
l’individu), des dépenses
énergétiques. Sommeil et
alimentation sont deux comportements
distincts. Les périodes de pénurie
alimentaire sont accompagnées d’une
élévation de la vigilance, une
période d’éveil plus longue
permettant sans doute d’optimiser la
quête de nourriture et la
conservation d’énergie. D’un autre
côté, le manque de sommeil induit
une élévation sensible des dépenses
énergétiques et de la perte de
poids.
Toutefois, il apparait que les
individus ne dormant pas
suffisamment sont en moyenne moins
actifs que ceux ayant eu leur compte
de sommeil, menant de ce fait à une
« consommation » d’énergie moindre.
En effet, les individus fatigués
brulent moins de calories lors
d’exercice physique car le manque
d’énergie ne leur permet pas
d’effectuer un travail aussi
intensif qu’un individu reposé.
Comme précédemment expliqué, à cela
s’ajoute un appétit accru.
(5)
Hypertrophie : amplification de la
taille d’un tissu (ici le tissu
graisseux) dû à une augmentation de
la taille des cellules. Le tissu
adipeux peut dans certains cas se
développer en augmentant le nombre
de cellules (hyperplasie) seulement
lorsque la graisse contenu dans les
cellules existante a atteint sa
capacité maximum. L’hyperplasie
s’effectue principalement en période
de croissance durant l’enfance et
l’adolescence.
>> Régime
alimentaire et sommeil perturbé
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