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Tout comme le stress, il a été
clairement établit que la durée et
la qualité du sommeil modifiaient le
métabolisme des hormones, en
particulier leur sécrétion, en
agissant sur l’axe
hypothalamo-hypophyso-surrénalien
(HPA) et le système nerveux
sympathique (1). Cet axe correspond
à un système de communication
neurologique et endocrinien complexe
entre l’hypothalamus et l’hypophyse
qui comprend la
corticotropin-releasing hormone
(CRH), l'hormone corticotrope (ACTH)
et les glucocorticoides. Les
dérèglements observés en situation
de privation de sommeil aura des
répercussions sur de nombreuses
hormones étant donné que l’axe HPA
est le siège de régulatio n de
sécrétion d’hormones telles que la
leptine et la ghréline, hormones
contrôlant l’appétit, mais également
des hormones ayant un effet indirect
sur le métabolisme (le cortisol,
l’hormone de croissance (GH), les
hormones thyroïdiennes (thyroxine,
T4, et tri-iodothyronine, T3),
insuline, mélatonine, etc.).
La quantité de cortisol,
l’hormone du stress, présente dans
le sang est accrue en cas de fatigue
prolongée. Le cortisol stimule la
sécrétion de glucose et d’acides
gras dans le sang à partir des
réserves de l’organisme et augmente
la sensation de faim malgré un
apport alimentaire suffisant. En
effet, il contrebalance l’action de
l’insuline en stimulant la
fabrication de glucose à partir des
réserves hépatiques, et favorise
l’utilisation des protéines et des
lipides comme sources d’énergie.
Ceci a pour effet d’augmenter la
glycémie ainsi que le taux de
cholestérol et triglycérides
sanguins, promouvant les risques de
diabètes et de maladies
cardiovasculaires.
Le taux de l’hormone thyrotropine
(TSH : thyroid stimulating hormone)
sécrété par l’hypophyse est
également augmenté, ce qui va à son
tour stimuler la production d’hormones
thyroïdiennes (T4 et T3). Ces
deux hormones modulent le
métabolisme de base (2), la
consommation d’oxygène (dont la
production d’énergie), les
battements cardiaques et le
métabolisme des glucides. Sur le
long terme, la privation de sommeil
peut provoquer une accélération de
l’absorption du glucose au niveau du
tube digestif dû à l’activité de ces
hormones et ainsi favoriser
l’apparition d’une résistance à
l’insuline (cf.
Effet sur le métabolisme du glucose).
Un manque de sommeil diminue le taux
de l’hormone de croissance
produite ce qui a pour conséquence
de réduire le renouvellement
cellulaire et le développement
musculaire, de favoriser
l’utilisation des glucides comme
source d’énergie et d’augmenter le
stockage des acides gras dans les
tissus adipeux. Ainsi, la diminution
de la sécrétion de l’hormone de
croissance aboutie à une réduction
de la masse maigre (muscles, organes
et viscères) et à un accroissement
des tissus adipeux.
Finalement, les troubles hormonaux
observés lors de fatigue prolongée
pourraient être également promoteur
d’hypertension, soit directement
(système rénine-angiotensine (4) ou
catécholamines – adrénaline,
noradrénaline et dopamine) soit de
manière détournée en agissant sur le
système nerveux (catécholamines et
acétylcholine).
Les modifications métaboliques et
endocriniennes observées lors de
manque de sommeil sont des
caractéristiques relatives au
vieillissement, ce qui laisse à
penser qu’une privation sur le long
terme peut accentuer les risques de
pathologies liées à l’âge telles que
le diabète, l’hypertension et
l’obésité.
(1) Système nerveux
sympathique : il fait partie du
système nerveux contrôlant les
fonctions involontaires du muscle
cardiaque et des muscles lisses
(estomac). Il prépare l’organisme à
l’action par opposition au système
nerveux parasympathique (repos et
digestion). Il est également à
l’origine des la sécrétions des
catécholamines.
(2) Endocrinien(ne) : relatif aux
hormones
(3) Métabolisme de base : quantité
d’énergie nécessaire pour que les
organes vitaux d’un individu
fonctionnent normalement lorsque
celui-ci est au repos (allongé dans
un environnement chaud, 25C, et au
moins 12 heures après le dernier
repas).
(4) Système rénine-angiotensine :
ensemble d’hormones et d’enzymes
permettant la régulation et le
maintien de différentes fonctions de
l’organisme telles que les
battements cardiaques, la
thermorégulation, la respiration,
les fonctions rénales et la pression
artérielle. Les organes impliqués
dans ce système sont le foie, le
cœur, les poumons et les reins ; les
composants de ce système
interagissant les uns avec les
autres.
>> Sommeil et
maintien d’un poids corporel sain
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