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La nutrition : aide thérapeutique

La nutrition est un supplément thérapeutique essentiel qui nécessite une connaissance des complications associées à la maladie (dénutrition, changements du métabolisme ou cachexie (2), de l’interaction entre les médicaments et les aliments ainsi que des conditions apparentées (résistance à l’insuline, mauvaise régulation lipidique, hépatite et maladies rénales). La nutrition vient se combiner au traitement médicamenteux afin d’améliorer la qualité de vie du patient et limiter la progression de la maladie.
La malnutrition peut influencer le pronostic de survie en réduisant la réponse immunitaire, en causant des lésions au niveau des organes, en diminuant l’efficacité des traitements et en contribuant de manière progressive à un affaiblissement.

>Energie et macronutriments

La consommation de macronutriments nécessite d’être surveillé afin de maintenir le poids corporel. L’amaigrissement est courant chez les malades du SIDA dû à une augmentation du métabolisme de base (énergie consommé au repos plus importante), une diminution de la prise alimentaire et une élévation des pertes digestives. Il a été établit qu’un amaigrissement aussi modeste que 5% élève de manière significative la morbidité et la mortalité.

Comme toute infection, le SIDA s’accompagne d’une augmentation des besoins en énergie et en protéines. Ces besoins sont fonction de l’état de santé de l’individu au moment de son infection au VIH, de la progression de la maladie et des complications qui lui sont associées. Par exemple, les apports énergétiques et protéiques devront être augmentés en cas de fièvre. Il a été également observé que les dépenses énergétiques au repos étaient proportionnelles au nombre de particules virales circulantes.

Les risques de malnutrition proteinoénergétique (MPE) sont donc très importants chez les individus atteints par le VIH. Au début la perte de poids est graisseuse mais ensuite c’est principalement la masse musculaire qui diminue. Un apport en protéines suffisant de même que la pratique régulière d’une activité physique d’intensité modérée aide à prévenir la perte de masse musculaire. Toutefois, ceci peut s’avérer difficile sachant que les personnes infectées par le virus souffrent souvent de perte d’appétit, de dysphagie (difficulté à avaler) ainsi que de problèmes digestifs, de vomissements et/ou de diarrhées dus notamment à la prise de médicaments. A cela peut s’ajouter des atteintes du système nerveux central pouvant se traduire par un état anxieux ou dépressif. Ces détériorations neurologiques conduisent dans de nombreux cas à des apports alimentaires insuffisants : perte d’appétit ou d’intérêt pour la nourriture, ou difficultés à manipuler les aliments (tenir les couverts).

Des problèmes d’absorption, dus à un dysfonctionnement du tube digestif, sont souvent observés chez les personnes atteintes du VIH. Par conséquent, les aliments digérés ne peuvent traverser la paroi intestinale et rejoindre le flux sanguin car le VIH et d’autres infections ont endommagés cette paroi. La malabsorption peut affecter les glucides et les lipides, cette dernière entraine souvent des diarrhées. Boire assez d’eau permet d’éviter la déshydratation accompagnant les diarrhées et de réduire les effets secondaires des médicaments. Les boissons riches en caféines (thé, café et cola), chocolatées et alcoolisées sont à éviter car elles ont un effet diurétique et promeuvent la perte d’eau.

L’introduction de la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART) comme moyen de traitement a considérablement augmenté les chances de survie des malades. Cette thérapie consiste en une combinaison de trois ou plus médicaments antirétroviraux afin de réduire la charge virale et de maintenir le taux de lymphocytes T4. Cependant ce traitement est à l’origine de nombreux effets secondaires. L’un d’entre eux est la lipodystrophie qui se caractérise par une mauvaise redistribution des graisses et des désordres métaboliques. Les tissus adipeux vont avoir tendance à disparaître au niveau du visage et des membres, et à s’accumuler dans la partie centrale du corps et le cou. Les patients souffrant de lipodystrophie, sont souvent sujet à une dyslipidémie (taux de lipides sanguins anormalement élevé) qui se traduit par un taux sanguin de triglycéride et de cholestérol trop importants. Enfin on observe également chez ces patients une résistance à l’insuline pouvant évoluer en diabète. Les apports glucidiques doivent être contrôlés surtout les glucides rapides. A noter que ces altérations du métabolisme peuvent se retrouver chez les personnes infectées par le VIH qui ne suivent pas le HAART, et affecter non seulement les glucides et les lipides mais également les vitamines et minéraux.

>Les micronutriments

La mauvaise absorption observée pour les macronutriments survient aussi pour les vitamines et les minéraux, la malabsorption des lipides entrainant celle des vitamines liposolubles (vitamines A et E).

La carence en vitamine A est courante chez les personnes atteintes du SIDA. Elle affaiblit les fonctions immunitaires et ainsi prédispose les malades à de sévères infections et augmente leurs risques de mortalité. En effet, le manque de vitamine A rend la barrière épithéliale (la peau) plus perméable aux microorganismes. De plus, la présence d’une insuffisance en vitamine A chez la femme enceinte a prouvé être un risque majeur dans la transmission mère-fœtus du virus. Cette vitamine ainsi que la vitamine C sont deux éléments indispensables à une bonne cicatrisation.

Le zinc et le sélénium sont deux minéraux cruciaux dans le maintien d’un système immunitaire sain. Ils préviennent le développement trop rapide de la maladie aussi grâce à leur nature d’antioxydants. Le sélénium semblerait réduire la virulence du VIH et sa carence augmenterait les risques d’infections par certaines bactéries.

Des taux sanguins bas en vitamines E et B12 ont été associés à une progression plus rapide de la maladie.

La plupart des micronutriments interagissent les uns avec les autres, la carence d’une ou plusieurs vitamines et/ou minéraux peut donc augmenter la déficience d’autres micronutriments. Par exemple, un manque de vitamine A peut affecter le métabolisme du fer, notamment en influençant la disponibilité des réserves ferriques, et ceci d’autant plus que la personne souffrent d’infections.

Une alimentation variée et adaptée aux besoins de l’individu, conjointement à un traitement médicamenteux, soutiendra son système immunitaire et retardera la progression de la maladie. Il est essentiel de prévenir l’installation du cercle vicieux malnutrition/infection : l’infection engendre la malnutrition et la malnutrition favorise les risques d’infection.

(2) Cachexie : perte de poids, de masse musculaire, fatigue et faiblesse résultant d’un arrêt de prise alimentaire (dénutrition) due à une perte d’appétit. Ce type d’anorexie est involontaire, contrairement à l’anorexie mentale, et survient la plupart du temps lors de cancer, de maladies chroniques (BPOC, insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque) et de maladies auto-immune telles que le Sida et la tuberculose.

>> Recommandations nutritionnelles pour le SIDA
 

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