|
|
Le développement et gestion de la maladie
La maladie ne se développe que si le
VIH a pénétré l’organisme et les
lymphocytes T4. Un individu peut
être porteur du virus sans pour
autant développer d’infections, on
dit que l’individu est porteur
sain du virus. Le diagnostic se
fait lorsque des anticorps anti-VIH
sont détectés lors d’une prise de
sang, l’individu est séropositif.
L’apparition dans le sang de ces
anticorps est appelé
séroconversion, il s’agit en
fait d’un terme général qui désigne
la modification de la composition du
sérum.
Le SIDA (syndrome
d’immunodéficience acquise) est le
stade durant lequel les fonctions
immunitaires sont grandement
diminuées entrainant ainsi la
propagation de maladies
opportunistes (1). Le laps de temps
compris entre l’infection au VIH
(contamination) et la progression
jusqu’à une baisse sévère des
globules blancs et au Sida
(apparition des symptômes) est
variable, mais il est en général de
l’ordre de 10 ans. D’où l’importance
de se faire dépister en cas de doute
(à la suite d’une relation sexuelle
non protégée avec un nouveau
partenaire).
Les étapes du développement de la
maladie sont classées par
l’Organisme Mondial de la Santé
(OMS) selon la façon suivante :
●
Primo-infection à VIH
(15 à 30 jours) : période
comprise entre le contact avec
le virus et le développement
d’une réponse immunitaire
(production d’anticorps
anti-VIH). Ce stade peut être
asymptomatique ou vécu comme un
syndrome rétroviral aigu (état
grippal de durée et de sévérité
variable). Un diagnostique
rapide à ce stade peut changer
de manière significative
l’évolution ultérieure de la
maladie.
●
Stade clinique 1
(quelques mois) :
asymptomatique ou adénopathie
(pathologie des ganglions
lymphatiques) généralisée
persistante
●
Stade clinique 2 :
perte de poids mineure
(inférieure à 10%),
manifestations cutanéomuqueuses
mineures (dermites, zona ou
ulcération buccales) et
infections récidivantes des
voies respiratoires supérieures
●
Stade clinique 3 :
perte de poids majeure
(supérieure à 10%), diarrhées
chroniques inexpliquées, fièvre
prolongée inexpliquée, candidose
buccale ou leucoplasie,
infections bactériennes sévères,
tuberculose pulmonaire et
inflammation nécrosante aiguë
dans la bouche. Certaines
personnes au stade clinique 3
ont un sida.
●
Stade clinique 4 :
inclut 22 infections
opportunistes ou cancers liés au
VIH : -Pneumocystose :
infection pulmonaire due à un
parasite, Pneumocystis jiroveci.
-Candidose : infection due à une
levure, le candida, affectant la
peau et les muqueuses (intestin,
vagin, bouche, etc.)
-Toxoplasmose cérébrale.
-Maladie de Kaposi : maladie
causée par un virus de l’herpès
: HHV8.
-Lymphome : cancer des organes
lymphatiques secondaires tels
que les ganglions lymphatiques
et la rate. Toutes les
personnes au stade clinique 4
ont un sida.
Le mécanisme impliqué dans le
développement de la maladie est
extrêmement complexe et pas encore
totalement éclaircit, rendant
difficile l’élaborati on de
traitement efficace. Les chercheurs
de l’institut Pasteur et du Centre
national de la recherche
scientifique (CNRS) ont toutefois
découvert que le VIH altérait le
système immunitaire notamment en
empêchant le contact entre les
lymphocytes T4 et ainsi la
propagation de la réponse
immunitaire par l’action d’une
protéine du virus, la protéine
Nef.
Il est également connu que le virus
subit de fréquentes mutations durant
sa synthèse à partir du provirus,
ainsi les virus produits sont
différents du virus original ayant
infecté la personne. Cette mutation
entraîne une résistance aux
traitements, limitant leur
efficacité. Cette population mutée
est toutefois minoritaire comparée à
la population identique au virus
original.
Les traitements actuels permettent
néanmoins de contrôler la charge
virale, c'est-à-dire le nombre de
virus contenu dans le sang, afin
d’avoir une quantité de lymphocytes
T4 suffisante pour lutter contre les
infections.
Les personnes infectées par le virus du SIDA ne
meurent pas du « SIDA» lui-même mais des
infections contractées qui affaiblissent
l’organisme du malade.
(1) Maladie
opportuniste : maladie occasionnée
par des germes habituellement
inoffensifs mais qui, chez les
individus ayant un système
immunitaire très affaibli, peuvent
être pathogènes.
>> La nutrition :
une aide thérapeutique face au SIDA
|