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L’alimentation de l’enfant et de l’adolescent


Par Myriam Faure, le 09/09/2010

L’enfance et l’adolescence sont des étapes décisives dans la vie d’un individu, et l’alimentation y tient un rôle important. Comme pour les adultes, les apports nutritionnels des enfants doivent couvrir les besoins en énergie, mais ils doivent également assurer la croissance. L’aspect quantitatif et qualitatif de leur alimentation est à prendre en considération.
Le thème de la politique nutritionnelle sera abordé dans une deuxième partie. L’alimentation des enfants est un élément clé des politiques nutritionnelles étant donné qu’une mauvaise alimentation pendant l’enfance non seulement affecte la santé des enfants mais elle aura également des répercussions parfois dramatiques sur leur santé une fois devenu adulte.



Apports nutritionnels


Tout comme les adultes, les apports nutritionnels quotidiens des nourrissons, enfants et adolescents comprennent des protéines (11 à 15% de l’apport énergétique total, AET), des glucides (50 à 55% de l’AET), des lipides (30 à 35% de l’AET), des vitamines et des minéraux. Voir Annexe 1 et 2.

Annexe 1 : Apports nutritionnels quotidiens conseillés.

Annexe 2 : Représentation du bateau de référence (ANC Afssa 2001) :

  • La coque ou ossature, en deux parties, représente les viandes/poissons/œufs (rouge) et les produits laitiers (bleu foncé), nos principales sources de protéines ; ils apportent également des minéraux, des oligoéléments et des vitamines du groupe B ;
  • La quille ou socle, en deux parties, représente les graisses visibles d'origines animale (orange) et végétale (jaune), sources d'acides gras et de vitamines liposolubles A, D, E, K ;
  • La grande voile ou moteur représente le pain, les céréales et dérivés, la pomme de terre et les légumes secs (marron), sources de glucides complexes (amidon), de protéines végétales et de vitamines B;
  • Et la petite voile de poupe ou starter représente le sucre et les produits sucrés (rose), sources de glucides simples (glucose, fructose)
  • Les deux focs de proue ou piliers représentent les fruits (vert claire) et légumes (vert foncé), sources d'eau, de glucides simples (fructose), de fibres et de divers minéraux, oligoéléments, vitamines et microconstituants.

Le bateau vogue sur une eau abondante (bleu claire), seule boisson indispensable dont la consommation journalière conseillée est d'environ 1,5 l. La consommation d'alcool, qui doit rester modérée, pourrait être schématisée par un tonneau freinateur attaché à la poupe.

Les apports doivent être repartis de la façon suivante (à l’exception des nourrissons qui ont des repas plus nombreux) :
  • 20 à 25% au petit-déjeuner.
  • 5% collation.
  • 35% au déjeuner.
  • 10 à 15% au gouter.
  • 30% au déjeuner.

A la suite du Programme National Nutrition Sante (PNNS), il est recommandé de consommer au moins 5 fruits et légumes par jours (ou 400g) ; à chaque repas et selon l’appétit du pain, des pommes de terre, des céréales et des légumineuses ; 3 fois par jour des produits laitiers (1 verre de lait, 1 yaourt ou 40g de fromage) ; et 1 à 2 fois par jour de la viande, des produits de la pêche (au moins 2 fois par semaine) ou des œufs.
Par contre, la consommation de matières grasses, de produits sucrés et de sel (pas plus de 6g par jour) sont à limiter.



La nutrition du foetus


Le fœtus obtient ses nutriments à partir de la mère via le cordon ombilical. Le placenta intervient donc dans la nutrition du fœtus mais également dans sa respiration, l’excrétion de ses déchets (CO2 et urée) et la production des hormones qui lui sont nécessaire.

Son alimentation est simple et se compose de vitamines et minéraux, d’acides aminés libres (forme simple des protéines, dégradées en leurs éléments constitutifs), d’acides gras et exclusivement de glucose en ce qui concerne les glucides. Après la naissance, le nouveau né aura une alimentation plus complexe. Il se nourrira de lactose (formé 2 sucres simples : glucose et galactose), de lipides et d’une variété de protéines.

La durée de la gestation est caractéristique de l’espèce et fonction de la taille de l’animal. Les êtres humains en sont une exception car la taille du fœtus est plutôt petite mais la grossesse est de longue durée (9 mois). Cette particularité propre à notre espèce permet de nous protéger contre la malnutrition.

La croissance du fœtus dépend des aliments fournis par la circulation sanguine de la mère et la capacité du fœtus à les utiliser. La période de développement la plus critique est celle durant laquelle la mère ne sait pas qu’elle est enceinte (entre 2 et 8 semaines). Des événements se produisant pendant cette période aura des effets irréversibles sur le développement de certains tissus notamment le système nerveux central, le cœur, les yeux et les oreilles. Par exemple, un apport insuffisant en acide folique, la consommation d’alcool et de tabac pourront nuire à la santé de l’enfant à naitre. Néanmoins, le fœtus possède un statut prioritaire relatif aux nutriments, ses besoins seront satisfaits éventuellement au détriment de celui de la mère. Par exemple, en cas de carence en fer, même si le taux d’hémoglobine de la mère est bas celui du fœtus sera normal.



L'alimentation du nourrisson


En grandissant l’alimentation de bébé évolue, ses besoins nutritionnels reflètent son rythme de croissance. Durant les 12 premiers mois de la vie le poids corporelle du nourrisson va tripler, il va grandir d’environ 50%. Pour que cette croissance se fasse correctement il va nécessiter un apport en énergie et en nutriments particulier adapté à son âge et son métabolisme. Les besoins énergétiques sont divisés de cette façon :

  • Métabolisme de base : énergie nécessaire au maintien des fonctions vitales. Avant l'âge de 1 an, elle correspond à 50-70kcal par kilogramme de masse corporelle (poids) par jours
  • Thermorégulation : énergie nécessaire au maintien de la température corporelle (37,5°C)
  • Energie dépensée lors d’activité physique (l’activité musculaire augmentant surtout a partir de 5-6 mois)
  • Cout énergétique de la croissance : la synthèse de nouveaux tissus est consommatrice d’énergie (sous forme d’ATP) mais également de protéines et de lipides. La quantité d’énergie (environ 100kcal/kg de poids) et de nutriments nécessaires est maximale durant les 6 premiers mois de la vie.

Ainsi, durant les six premiers mois le nourrisson nécessite à peu prés 500kcals par jour (16g de protéines, 67,5g de glucides et 23g de lipides). Entre 6 mois et un an il aura besoin d’environ 775kcal (25g de protéines, 104g de glucides et 36g lipides) et entre un et trois an 1300kcal (42g de protéines, 176g de glucides et 61g de lipides). Avant six mois son alimentation consiste exclusivement de lait (allaitement ou lait infantile), le lait maternel étant le plus adapté. Le lait à cet âge couvre parfaitement ses besoins nutritionnels.

L’allaitement présente un certain nombre d’avantages : le lait maternel se digère facilement, les risques d’allergie sont diminués, des antibiotiques naturels sont transmit par le lait maternel ce qui renforce le système immunitaire du nouveau né, il n’y a pas de danger de contamination bactérienne et il semblerait que l’allaitement ai un rôle préventif contre le développement de certaines conditions/maladies telles que l’obésité et le diabète.
Toutefois, même si il est recommandé, la mère ne doit en aucun cas se forcer à allaiter si elle n’en ressent pas l’envie. Une alimentation au biberon est préférable à un allaitement mal vécu, les produits infantiles actuels étant parfaitement adaptés aux nourrissons. La mère et/ou le père devront seulement être attentif dans le choix du lait et déceler d’éventuels intolerances ou allergies. Le contact peau contre peau pourra se faire lors du repas permettant ainsi de consolider un lien privilégier avec l’enfant.

Après six mois « le sevrage » commence, les aliments solides peuvent être introduits, en évitant tout de même d’abandonner complètement le lait et en limitant les apports en protéines animales (viande, œuf, poissons) et en sucre.
Il est recommandé d’introduire un aliment à la fois de manière à déceler d’éventuelles allergies. Commencer par les céréales spécialement conçues pour bébé (riz, avoine, orge, blé), ensuite introduire légumes et fruits, puis œufs (jaune à partir de 7 ½ mois et blanc 12 mois), poissons et viandes. Servir les aliments sous forme de purée lisse facile à ingérer.
Ne pas hésiter à varier l’alimentation en proposant de nouvelles saveurs et consistances, en variant goûts, odeurs et couleurs. Ceci développera la curiosité de bébé. Il faut toutefois le faire progressivement, sans brûler d’étape.

Certains nutriments sont particulièrement importants. Les études ont démontrées que les carences en acides gras oméga 3 affectaient la croissance du nourrisson et de l’enfant en particulier leur développement cérébral. Toutefois les carences en ce nutriment sont rarement observées dans les pays occidentaux.
Les apports insuffisants en fer quant à eux sont plus fréquents. L’absorption digestive du fer est plutôt faible chez les enfants néanmoins la biodisponibilité du fer est accrue dans le lait maternelle, de sorte que lorsque le nourrisson est nourri au sein ses besoins en fer sont satisfaits.
Les nourrissons âgés entre 0 et 6 mois auront besoins d’environ 400mg de calcium et 500mg de 6 mois à 1 an. Le calcium intervient dans la formation et le maintien des os et des dents, il est ainsi essentiel en cette période de croissance intense. Les nourrissons nourrit au sein atteignent en générale ces recommandations car le calcium contenu dans le lait de femme voit son absorption facilitée par la présence de vitamine D. Pour les femmes ne pouvant ou choisissant de ne pas allaiter, des précautions devront être prises dans le choix de lait infantile de manière à ce que leurs teneurs en calcium et en vitamine D soit adéquates.

Finalement, les aliments infantiles sont à privilégier dû à leur faible teneur en nutriments allergisant tels que l’huile d’arachide, les œufs, les noix et amandes. La teneur en sel de ces aliments est également contrôlée et réglementée, elle est inférieure à 200mg par 100g (ou 100kcal) de produit. Les enfants de cet âge on de toute façon des goûts différents que ceux des adultes et préfèrent ainsi une alimentation sans sel. Toutefois, le sel (sodium) a des rôles métaboliques importants tels que la régulation de la teneur corporelle en eau, de la pression artérielle et des influx nerveux. Les apports recommandés pour bébé sont donc compris entre 0,5 et 0,9g par jour.
De plus, choisir des fruits et légumes cultivées de façon spécifiquement ajustée aux jeunes enfants assurera des teneurs faibles voir nulles en nitrate, conservateurs, colorants, édulcorants, etc.



Les besoins des enfants et adolescents


La croissance à cette période de la vie n’est pas seulement d’ordre physique, mais elle comprend également les domaines social, cognitif et émotionnel de l’enfant. Puisque les enfants âgés entre 3 et 13 ans grandissent et changent constamment, ils doivent être surveillés régulièrement par un professionnel de santé afin de permettre la détection et le traitement d’éventuels problèmes (tels que la malnutrition ou les troubles de l’absorption digestive) le plus tôt possible. Ceci doit comporter notamment des mesures anthropométriques (poids, taille, calcule de l’IMC et du rapport poids/taille). Ces valeurs seront ensuite reportées sur une courbe de croissance qui permettra un contrôler l’évolution de l’enfant en termes de poids.

Les besoins en énergie pour les enfants et adolescents âgés entre 1 et 18 ans varient entre 2000 et 2900kcal. Ils sont plus importants que ceux des adultes, en proportion de leur taille, car les dents, les os, les muscles ainsi que le système sanguin sont en plein développement. Ces valeurs doivent évidemment être ajustées en fonction de leur activité physique et de leur stature (mince ou surpoids) (Annexe 3 : Apport énergétiques conseilles, population française - ANC, Afssa 2001). La suralimentation durant l’enfance prédispose aux problèmes de poids à l’âge adulte. La prise de poids des enfants s’accompagne d’une multiplication des cellules adipeuses (plus nombreuses), alors que pendant l’âge adulte l’excès pondéral est du à l’élargissement des cellules déjà existantes (plus larges). Néanmoins, il n’est pas recommandé de faire suivre un régime aux enfants en surpoids, un simple ajustement des apports sera suffisant en respectant les proportions définit par l’Afssa*.
La proportion corporelle en tissus adipeux (graisses) diminue progressivement au cours des premières années de l’enfance, atteignant un minimum entre 4 à 6 ans. Ensuite vers 6-8 ans, les enfants sont sujets à ce qu’on appelle « le rebond de corpulence », qui correspond à une augmentation de leur poids (de masse graisseuse) afin de « se préparer » à la poussée de croissance qui aura lieu durant l’adolescence. Les différences de composition corporelle deviennent particulièrement apparentes entre les filles et les garçons, ces derniers étant plus mince.

Les risques de carence en fer sont particulièrement importants entre 1 et 3ans, cette carence pouvant mener à de l’anémie (2) et des problèmes psychomoteurs. Cette période de croissance rapide de l’enfant est marquée par une augmentation de l’hémoglobine et des réserves en fer, d’où des besoins accrus. Cette carence peut également être due au fait que les enfants à cet âge sont nourris principalement au lait or le lait est pauvre en fer. Le fer existe sous deux formes dans les aliments : le fer héminique, trouvé dans la viande et le poisson, et le fer non-héminique que l’on retrouve dans les légumes, les œufs et les produits laitiers ; le premier étant nettement mieux absorbé par l’organisme que le second. Néanmoins, il faut faire attention à ce que ces apports ne soient pas trop important : plus 40 mg pour les enfants de 13 ans et moins, et à 45 mg pour les personnes de 14 ans et plus.

Les apports en calcium doivent toujours être suffisants afin d’acquérir un capital osseux optimal, celui-ci étant en effet établi à l’âge de 20 ans (pic de masse osseuse). Le lait et les produits laitiers sont les meilleures sources de calcium dû à la présence de la vitamine D, de phosphore et de lactose qui améliore son assimilation et sa fixation osseuse.

Le zinc est essentiel pour une bonne croissance, les carences menant à une perte de l’appétit, une diminution de l’acuité gustative et une mauvaise cicatrisation. On retrouve cet oligoélément dans les huitres et autres fruits de mer (si l’enfant accepte d’en manger…), les germes de blé (qui peuvent être souspoudrées sur une salade, une soupe ou même mélangé à un yaourt), la viande (bœuf haché et dinde), les graines de citrouille et de tournesol, les pains et céréales complètes, les noix et amandes ainsi que dans les légumineuses. Les examens en laboratoire ne permettent pas un diagnostic précis ; un retard de croissance, une chute de cheveux, une perte du gout et de l’odorat et des lésions au niveau de la peau sont les signes cliniques les plus communs.

Les apports en protéines et en sel doivent quant à eux être modères. En effet, les carences en protéines sont rares en France, la quantité de viande, poissons, crustacés et œufs consommés par jour étant suffisante. De plus, les besoins en protéines par kilogramme de masse corporelle diminuent à partir de 3ans.

L’alimentation durant l’adolescence doit là encore permettre de favoriser la croissance, promouvoir une bonne santé et être savoureuse. Durant cette période de nombreux changements physiologiques surviennent tels que notamment une croissance rapide (poussée de 8 à 12cm par an), un gain considérable en os et muscles et une maturation sexuelle influençant ainsi les besoins nutritionnels.

Les adolescents en générale raffolent des fast-foods, des confiseries, des plats cuisinés, des boissons gazeuses et autre nourriture industrielles. Leur alimentation est ainsi riche en acide gras saturés (pizza, hamburger, frites, etc.) et sucres rapides (pâtisseries, bonbons, boissons gazeuses, etc.) et ne couvre pas leur besoins en vitamines et minéraux. De plus, les adolescents sautent souvent des repas, le petit-déjeuner plus particulièrement.
En effet, l’Etude Nationale Nutrition Santé (ENNS) 2006 a montré que les adolescents, tout comme les enfants, ne consommaient pas assez de fruit et légumes, de viandes, produits de la pêche ou œufs, de produits laitiers et de glucides complexes. En revanche leur consommation de matières grasses et de produits sucrés étaient supérieures aux recommandations faites par le PNNS.

C’est également durant l’adolescence que surviennent les premières règles. Le déficit en fer qui accompagne la perte menstruelle doit être compensé par une alimentation suffisamment riche en ce minéral. La forme de fer la plus assimilable par l’organisme se trouve principalement dans la viande rouge, toutefois les légumineuses, les fruits secs, les noix et amandes ainsi que les légumes verts sont des sources non négligeables. Les carences en vitamines A et E sont également courantes ainsi que celles des vitamines du groupe B (B6, B2 et acide folique) due a la prise de contraception orale.

Au cours de la puberté, une modification de l’image que l’adolescent a de son corps se produit. Un schéma et une perception corporels déformés peuvent mener à des troubles du comportement alimentaire tels que l’anorexie et la boulimie. En effet, certains adolescents considèrent la maigreur (IMC<18) comme silhouette idéal.

Le rôle des parents à ce stade est d’encourager tant que possible une alimentation saine et équilibre. Manger en famille et à table incite à adopter de bonnes habitudes alimentaires, cela permet d’éviter le grignotage et d’obtenir une meilleur appréciation des aliments consommés. De plus, la probabilité que l’enfant ou l’adolescent suive l’exemple de ses parents est augmentée. En effet, c’est à cette période de la vie que les habitudes alimentaires s’obtiennent. Le/la forcer à finir son assiette même si il/elle n’a plus faim est à éviter. Il est toutefois recommandé de s’assurer qu’il/elle en a mangé une quantité raisonnable, en particulier concernant les légumes. Le/la priver de dessert pourrait être à l’origine de mauvaises relations futures avec la nourriture (desserts, produits sucrés = récompense). Ainsi être trop ferme peut mener à des troubles du comportement alimentaire.



La recherche en nutrition


Les études scientifiques ont attestées que les jeunes enfants exposés à une alimentation inadaptée connaissaient un mauvais développement comparé aux enfants nourrit de façon saine et équilibrée. De manière générale, les enfants souffrant de carences alimentaires sont issus de milieux désavantagés.

La recherche s’est penchée en particulier sur l’association entre les carences nutritionnelles et le développement des enfants et les fonctions cognitives et motrices des adultes.
Certains des aspects étudiés concernent le retard de croissance intra-utérine, les effets bénéfiques de l’allaitement, la malnutrition du petit enfant, l’alimentation a l’école ainsi que les carences en micronutriments (fer, iode, zinc et vitamine A). Bien que ces conditions soient plus fréquemment rencontrées dans les pays en voie de développement, elles existent toutefois dans les pays développés notamment la carence en fer.

Certaines périodes de la vie semblent être plus vulnérables que d’autres, comme les 2 premiers trimestres de la grossesse. Les carences alimentaires durant cette phase du développement, peuvent affecter les facultés mentales notamment en altérant les structures et les fonctions cérébrales. Certaines de ces altérations seront irréversibles : réduction de la myéline (3) et du nombre des dendrites corticales.

Toutefois, elles sont difficiles à déceler d’un point de vue physiologique (parfois la taille du cerveau peut être un indicateur), et elles se reflètent plutôt au niveau du comportement de l’enfant (problème de mémorisation, de concentration, retardement et trouble déficit de l'attention/hyperactivité).
Les causes possibles étant une carence en fer, en zinc ou en acides gras essentiels (omégas 3 en particulier), une masse corporelle insuffisante, et la consommation d’alcool et/ou de tabac durant la grossesse.



Politiques nutritionnelles pour l'obésité chez l'enfant


Les comportements alimentaires sont régentés par la culture. Ceci peut s’observer en comparant les habitudes alimentaires des français et des britanniques. Culturel signifie également que nos comportements en matière d’alimentation évoluent au fil du temps. Ce n’est donc pas un état figé, mais quelque chose qui s’adapte en fonction de l’environnement dans lequel on se trouve. C’est à ce niveau qu’intervient les enfants. Il est important de leur inculquer de bonnes habitudes et ne pas laisser trop de place à certains modèles modernes pouvant à long terme nuire à leur santé. En effet, les enfants on moins de faculté que les adultes à prendre des décisions concernant leur propre intérêt, en ce sens ils sont plus manipulables.

Depuis les années 80, le nombre d’enfants ayant des problèmes de poids n’a cessé d’augmenter devenant ainsi un problème de santé publique. L’ENNS de 2006 a établi que 18 % des enfants de 3-17ans étaient en surpoids, dont 3,5% considérés obèse. De plus, cette prévalence était supérieure chez les filles âgées entre 3 et 10 ans comparé aux garçons.

L’obésité est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé ». Tout comme chez les adultes, l’IMC peut être utilisé pour dépister un éventuel surpoids.
L’IMC chez les enfants et adolescents varie avec l’âge et le sexe, il n’est donc pas possible comme chez l’adulte de se référer à des seuils (poids normal : 18,5 à 24,9kg/m2 ; surpoids : 25 à 29,9kg/m2 ; obésité : ≥30kg/m2). C’est pour cela que les courbes d’IMC établis dans le cadre du PNNS sont un outil majeur pour prévenir et diagnostiquer l’obésité. Ces courbes ont été construites à partir d’une population de référence et sont divisées en percentiles en fonction du « statut » de l’enfant : poids normal, insuffisance pondérale ou obésité de degré 1 ou 2.
En générale, l’IMC augmente de manière significative les premiers mois suivants la naissance, il diminue après 1 an et augmente de nouveau vers 6 ans.

D’autres méthodes existent pour évaluer de manière plus précise la masse grasse. Elles sont entre autre :

  • L’utilisation de pinces ou compas : cela correspond à une mesure de l’épaisseur des tissus graisseux sous-cutanée et estimation a parti de ces valeur de la masse graisseuse totale.
  • La densitomètre hydrostatique : l’individu est immerge dans l’eau ; le déplacement du volume d’eau correspond au volume de la personne. A partir de cette valeur la densité et ainsi la masse graisseuse peuvent être déduites.
  • L’absorption biphotonique : une source d’énergie (rayon X) est balayée sur l’ensemble du corps, l’énergie est absorbée ou dispersée en fonction du tissu rencontré. Ainsi les compartiments minéraux, graisseux et maigres sont mesurés.
  • La bioimpedancemétrie : cette technique est basée sur le principe que les tissus maigres (muscles) ont une conductivité électrique plus importante que l’eau et une impédance (résistance) moins élevée que les tissus adipeux. Par conséquent, lorsqu’un courant alternatif de faible intensité est appliqué à l’organisme, la quantité de masse maigre pourra être déduite à partir des différentes fréquences enregistrées par l’appareil. Cette technique est non-invasive, rapide et sans danger. Elle s’est développée de telle façon qu’elle est désormais accessible aux non-professionnels et disponible dans le commerce.

Pourquoi est-il important de contrôler la prise de poids chez l'enfant obèse ou en surpoids ?

L’obésité est une condition grave, considérée comme une maladie en soi compte tenu des risques de mortalité qui lui sont associés, ces risques augmentant avec l’IMC. Un ensemble de conditions est souvent observé simultanément chez les individus obèses, il s’agit du syndrome métabolique (syndrome X). Ces conditions sont :
  • une surcharge pondérale au niveau de l’abdomen : circonférence abdominale supérieure à 88cm chez la femme et 102cm chez l’homme.
  • une glycémie élevée (supérieure à 1,1g/l) due à une insensibilité accrue à l’insuline.
  • un taux sanguin élevé de triglycérides : égal ou supérieur a 1,5g/l.
  • un taux de HDL (bon cholestérol) bas : inférieur à 0.4g/l pour la femme et 0.5g/l pour l’homme.
  • de l’hypertension : supérieure à 130mm Hg pour la pression systolique (contraction cardiaque) et 85mm Hg pour la pression diastolique (relâchement cardiaque)

Le syndrome métabolique accroit les risques de la survenue de maladies cardiovasculaires et de diabètes de type 2. L’obésité pendant l’enfance augmente non seulement les risques de développer le syndrome métabolique à l’âge adulte, mais il est également associé à une apparition du symptôme plus précocement chez l’enfant.

En plus d’affecter la santé de l’enfant ou de l’adolescent due aux complications qui en résultent, l’excès pondéral a souvent des répercussions psychologiques. En effet, l’obésité est liée à la dépression, une image de soi négative, et un mécontentement vis-à-vis de son corps.

Une prise en charge précoce se justifie sachant qu’il y a un risque de persistance du surpoids ou de l’obésité à l’âge adulte. En effet, d’après le rapport de Heude et Charles de 2001, la probabilité qu’un enfant en surpoids ou obèse le reste à l’âge adulte varie de 20-50 % avant la puberté à 50-70 % après la puberté. Cette probabilité est fonction de la sévérité de la prise de poids, de la durée de celle-ci (risques accrus pour un enfant obèse ou en surpoids depuis plusieurs années) de la présence ou non d’obésité chez les parents, de l’âge de l’enfant. La nutrition chez l’enfant a donc son importance en termes de santé publique et de coût pour les services de santé dans les années à venir.



Les solutions contre l'obésité


Le meilleur moyen de lutter contre l’obésité reste la prévention et le dépistage. Le dépistage est difficile compte tenu du fait que l’obésité est multifactorielle. Il pourrait être éventuellement possible de prédire les risques d’obésité chez les individus pourvu d’une prédisposition génétique. On a remarqué que des enfants d’âge, de sexe et de stature identiques, ayant la même alimentation et une activité physique similaire n’avaient pas les mêmes quantités de masses graisseuses. De récentes recherches ont pu confirmer l’hypothèse que le génome de certains individus les prédisposerait au surpoids. Ceci ne concerne toutefois pas tous les sujets souffrant d’un excès pondéral, seul ceux disposant d’une anomalie génétique concernant la régulation du poids.

Les deux principaux facteurs environnementaux responsables de la tendance observée actuellement sont une alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique.

Des mesures diététiques simples sont en générale suffisantes. Il faut surtout faire attention à ne pas trop restreindre les apports énergétiques qui pourrait nuire à la croissance de l’enfant. Dans ce sens, l’aspect qualitatif des aliments est essentiel, il faut ainsi préconiser les aliments riches en nutriments et s’assurer que l’alimentation est adaptée à l’âge et l’activité physique de l’enfant.

Comme mentionné précédemment, les aliments à éviter sont ceux trop riches en matières grasses et plus particulièrement en acides gras saturés, trop riches en sucres simples et en sel. Une surconsommation de ces nutriments augmentant les risques d’être en surpoids ainsi que de développer les conditions associées à un excès pondéral telles que l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Pour savoir si un aliment en contient trop il suffit de regarder les étiquettes :

  • Les lipides
    Quantité totale :
    importante : supérieure à 20g/100g de produit.
    faible : inferieure ou égale à 3g/100g de produit.
    Quantité d’acides gras saturés :
    importante : supérieure à 5g/100g de produit.
    faible : inferieure ou égale à 1,5g/100g de produit.
  • Le sucre
    Quantité importante : supérieure à 15g/100g de produit.
    Quantité faible : inferieure ou égale à 5g/100g de produit.
  • Le sel
    Quantité importante : supérieure à 1,5g/100g de produit (soit 0,6g de sodium).
    Quantité faible : inferieure ou égale à 0,3g/100g de produit (soit 0,12g de sodium).

Attention aux mentions « allégé » ou « réduit en gras ». Même si le produit a une teneur en matières grasses moindre que le produit d’origine (les yaourts par exemple), cela ne veut pas dire qu’ils contiennent moins de calories. En effet, dans beaucoup de cas, la matière grasse est remplacée par du sucre. Ainsi, un yaourt nature (50kcal pour 100g) apporte moins d’énergie que certains yaourts allégés aux fruits ou sucré (70kcal pour 100g). De plus, le pourcentage en matières grasses indiqué sur les fromages peu être trompeur étant donné qu’il est calculé à partir de la matière sèche (une fois que l’eau a été éliminée). Ceci signifie, qu’un fromage riche en eau, tel que le fromage blanc, contiendra moins de lipides (9%) qu’un fromage plus sec comme le comté (28% de matières grasses dans le produit fini) pour un même pourcentage, ici 45%.

D’après L’ENNS de 2006, les enfants âgés de 3 à 17 ans passent en moyenne plus de trois heures en face d’un écran, télévision, ordinateur ou console de jeux, ce temps étant plus important les jours d’école et augmentant avec l’âge. Or une activité physique régulière permet de réguler les apports énergétiques et ainsi lutter contre l’obésité et ses conditions associées telles que le diabète, un taux sanguin élevé en cholestérol et l’hypertension.

D’un point vue mondial, il existe un réseau de professionnels travaillant avec l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) pour alerter les différents gouvernements et autres organismes impliqués sur les risques de l’obésité : the International Obesity TaskForce. En termes d’obésité infantile, ces experts évaluent les problèmes et proposent des solutions. A la suite du rapport de 2004, il a été décidé de réglementer les réclames faites touchant la santé et la nutrition ; de créer des standards sur la composition des aliments et de contrôler le marketing des produits destinés aux enfants.

Nos compatriotes Britanniques ont mis en place plusieurs mesures notamment concernant l’alimentation dans les écoles. Le gouvernement britannique a lancé une campagne s’intitulant The National Healthy Schools Programme, NHSP (Le Programme Nationale des Ecoles en Bonne Santé). Ce programme vise à fournir aux enfants et aux jeunes le support et les informations dont ils ont besoin pour prendre les bons choix concernant leur vie et leur santé. Plus précisément, leur objectif est que d’ici 2009, 75% des écoles auront atteint ce qu’ils appellent le National Healthy School Status (le statut national d’école « saine »). L’alimentation, l’activité physique et la lutte contre l’exclusion sociale font parti des thèmes abordés. Plus de 95% des écoles sont impliqués. Les enquêtes faites depuis son lancement montrent que d’une façon générale le comportement des jeunes s’est amélioré, ils se sentent en meilleur sante et un meilleur contact parents-enseignants s’est instauré.

Le School Food Trust est un organisme britannique créé en septembre 2005 qui travaille en partenariat avec le NHSP. Son objectif, tout comme le NHSP, est de promouvoir dans les écoles des choix alimentaires sains et en accord avec les standards nutritionnels nationaux, notamment en améliorant la qualité des repas servis. Il travaille ainsi sur la qualité et l’accessibilité d’une alimentation saine et équilibrée : plus de fruits et légumes disponibles, servir des poissons gras au moins une fois toutes les 3 semaines, eau disponible pour les élèves.
Bannir les distributeurs de confiseries et de boissons gazeuses dans les cours d’écoles et les remplacer par des fruits secs (noix, amandes, noisettes…) et des yaourts à boire sont l’une des mesures proposées afin de réduire la consommation en graisses et sucres des enfants et des adolescents. Les cours de cuisines sont également devenus obligatoires pour les jeunes de 11 à 14 ans afin qu’ils développent leurs compétences culinaires. Des informations sur les différentes options possibles pour confectionner des déjeuners équilibrés d’un point de vue nutritionnel sont également fournies aux parents. De ce fait, tout comme le personnel de cantine, les enseignants ont reçu une formation supplémentaire de manière à ce qu’ils puissent offrir un enseignement en Nutrition et Cuisine. Certains établissements vont encore plus loin, en interdisant les chips, sucreries et boissons gazeuses sur la cour et lors de voyage scolaire.

Les organismes régulateurs ainsi que les autorités locales doivent obtempérer à ces régulations/mesures afin d’instaurer de bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge. Une association impliquée en politique nutritionnelle, travaille d’arrache pied pour faire bouger les choses : Sustain. Elle est supportée par plus de 300 organisations (entre autre British Dietetic Association, British Heart Foundation, Caroline Walker Trust, Diabetes UK, Fairtrade Foundation, National Trust, Soil Association et World Cancer Research Fund) et 12 000 membres du publique.
Concernant les enfants, un gros travail a été fait parfois sans grand résultat. La campagne The Children’s Food Campaign, pour laquelle j’ai participé, avait pour but de bannir les spots publicitaires sur les aliments industriels avant 21h00 afin de limier leur visualisation par les enfants. Malgré le nombre impressionnant de signatures obtenues, le gouvernement a refusé cette proposition.
Jamie Oliver lui aussi s’est grandement impliqué pour faire évoluer la qualité des repas servis dans les écoles en présentant / animant plusieurs émissions sur ce sujet. Il a également écrit plusieurs lettres et pétitions afin de faire réagir le gouvernement.

Du côté français, les objectifs du PNNS sont relégués au niveau régional. Les mesures misent en place sont très similaires à celles observées en Angleterre. Elles concernent le dépistage et la prévention de l’obésité (utilisation du disque de mesure de l’IMC et des courbes de corpulence Annexe 4), l’offre alimentaire en milieu scolaire (suppression des distributeurs automatiques), et les actions pédagogiques (élaboration de fiches éducatives destinées a l’enfant et disponible sur le site web : www.mangerbouger.fr). Des mesures particulières sont également apportées pour répondre aux besoins spécifiques des populations défavorisées et des personnes en situation précaire.

Annexe 4 : Courbes de corpulences par sexe (Source : PNNS)
Courbe de corpulence chez les filles et les garçons de 0 à 18 ans (cliquez sur les images)

Pour chaque enfant, le poids et la taille doivent être mesurés régulièrement.
  • L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est alors calculé et reporté sur la courbe de corpulence disponible sur www.sante.fr. Il se calcule soit avec un disque de calcul, soit avec une calculette, en divisant le poids (en kg) par la taille au carré (en mètre) soit : poids(Kg) / taille (m) x taille (m)
  • L‘IMC est un bon reflet de l’adiposité. Il varie en fonction de l’âge. L’IMC augmente au cours de la première année de vie, diminue jusqu’à 6 ans puis augmente à nouveau. La remontée de la courbe, appelée rebond d’adiposité, a lieu en moyenne à 6 ans.
  • Tracer la courbe de corpulence pour chaque enfant permet d’identifier précocement les enfants obèses ou à risque de le devenir :
    - lorsque l’IMC est supérieur au 97ème percentile, l’enfant est obèse.
    - plus le rebond d’adiposité est précoce plus le risque d’obésité est important.
    - un changement de "couloir" vers le haut est un signe d’alerte.

Courbe graduée en percentiles, établie en collaboration avec MF Rolland-Cachera (INSERM) et l’Association pour la Prévention et la prise en charge de l’Obésité en Pédiatrie (APOP) et validée par le Comité de Nutrition (CN) de la Société Française de Pédiatrie (SFP).




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