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>Les solutions contre l'obésité

Le meilleur moyen de lutter contre l’obésité reste la prévention et le dépistage. Le dépistage est difficile compte tenu du fait que l’obésité est multifactorielle. Il pourrait être éventuellement possible de prédire les risques d’obésité chez les individus pourvu d’une prédisposition génétique. On a remarqué que des enfants d’âge, de sexe et de stature identiques, ayant la même alimentation et une activité physique similaire n’avaient pas les mêmes quantités de masses graisseuses. De récentes recherches ont pu confirmer l’hypothèse que le génome de certains individus les prédisposerait au surpoids. Ceci ne concerne toutefois pas tous les sujets souffrant d’un excès pondéral, seul ceux disposant d’une anomalie génétique concernant la régulation du poids.

Les deux principaux facteurs environnementaux responsables de la tendance observée actuellement sont une alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique.

Des mesures diététiques simples sont en générale suffisantes. Il faut surtout faire attention à ne pas trop restreindre les apports énergétiques qui pourrait nuire à la croissance de l’enfant. Dans ce sens, l’aspect qualitatif des aliments est essentiel, il faut ainsi préconiser les aliments riches en nutriments et s’assurer que l’alimentation est adaptée à l’âge et l’activité physique de l’enfant.

Comme mentionné précédemment, les aliments à éviter sont ceux trop riches en matières grasses et plus particulièrement en acides gras saturés, trop riches en sucres simples et en sel. Une surconsommation de ces nutriments augmentant les risques d’être en surpoids ainsi que de développer les conditions associées à un excès pondéral telles que l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Pour savoir si un aliment en contient trop il suffit de regarder les étiquettes :

Les lipides :
Quantité totale :
importante : supérieure à 20g/100g de produit
faible : inferieure ou égale à 3g/100g de produit
Quantité d’acides gras saturés :
importante : supérieure à 5g/100g de produit
faible : inferieure ou égale à 1,5g/100g de produit.

Le sucre :
Quantité importante : supérieure à 15g/100g de produit
Quantité faible : inferieure ou égale à 5g/100g de produit

Le sel :
Quantité importante : supérieure à 1,5g/100g de produit (soit 0,6g de sodium)
Quantité faible : inferieure ou égale à 0,3g/100g de produit (soit 0,12g de sodium)

Attention aux mentions « allégé » ou « réduit en gras ». Même si le produit a une teneur en matières grasses moindre que le produit d’origine (les yaourts par exemple), cela ne veut pas dire qu’ils contiennent moins de calories. En effet, dans beaucoup de cas, la matière grasse est remplacée par du sucre. Ainsi, un yaourt nature (50kcal pour 100g) apporte moins d’énergie que certains yaourts allégés aux fruits ou sucré (70kcal pour 100g). De plus, le pourcentage en matières grasses indiqué sur les fromages peu être trompeur étant donné qu’il est calculé à partir de la matière sèche (une fois que l’eau a été éliminée). Ceci signifie, qu’un fromage riche en eau, tel que le fromage blanc, contiendra moins de lipides (9%) qu’un fromage plus sec comme le comté (28% de matières grasses dans le produit fini) pour un même pourcentage, ici 45%.

D’après L’ENNS de 2006, les enfants âgés de 3 à 17 ans passent en moyenne plus de trois heures en face d’un écran, télévision, ordinateur ou console de jeux, ce temps étant plus important les jours d’école et augmentant avec l’âge. Or une activité physique régulière permet de réguler les apports énergétiques et ainsi lutter contre l’obésité et ses conditions associées telles que le diabète, un taux sanguin élevé en cholestérol et l’hypertension.

>Les mesures prises à l’échelle internationale et nationale

D’un point vue mondial, il existe un réseau de professionnels travaillant avec l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) pour alerter les différents gouvernements et autres organismes impliqués sur les risques de l’obésité : the International Obesity TaskForce. En termes d’obésité infantile, ces experts évaluent les problèmes et proposent des solutions. A la suite du rapport de 2004, il a été décidé de réglementer les réclames faites touchant la santé et la nutrition ; de créer des standards sur la composition des aliments et de contrôler le marketing des produits destinés aux enfants.

Nos compatriotes Britanniques ont mis en place plusieurs mesures notamment concernant l’alimentation dans les écoles. Le gouvernement britannique a lancé une campagne s’intitulant The National Healthy Schools Programme, NHSP (Le Programme Nationale des Ecoles en Bonne Santé). Ce programme vise à fournir aux enfants et aux jeunes le support et les informations dont ils ont besoin pour prendre les bons choix concernant leur vie et leur santé. Plus précisément, leur objectif est que d’ici 2009, 75% des écoles auront atteint ce qu’ils appellent le National Healthy School Status (le statut national d’école « saine »). L’alimentation, l’activité physique et la lutte contre l’exclusion sociale font parti des thèmes abordés. Plus de 95% des écoles sont impliqués. Les enquêtes faites depuis son lancement montrent que d’une façon générale le comportement des jeunes s’est amélioré, ils se sentent en meilleur sante et un meilleur contact parents-enseignants s’est instauré.

Le School Food Trust est un organisme britannique créé en septembre 2005 qui travaille en partenariat avec le NHSP. Son objectif, tout comme le NHSP, est de promouvoir dans les écoles des choix alimentaires sains et en accord avec les standards nutritionnels nationaux, notamment en améliorant la qualité des repas servis. Il travaille ainsi sur la qualité et l’accessibilité d’une alimentation saine et équilibrée : plus de fruits et légumes disponibles, servir des poissons gras au moins une fois toutes les 3 semaines, eau disponible pour les élèves.
Bannir les distributeurs de confiseries et de boissons gazeuses dans les cours d’écoles et les remplacer par des fruits secs (noix, amandes, noisettes…) et des yaourts à boire sont l’une des mesures proposées afin de réduire la consommation en graisses et sucres des enfants et des adolescents. Les cours de cuisines sont également devenus obligatoires pour les jeunes de 11 à 14 ans afin qu’ils développent leurs compétences culinaires. Des informations sur les différentes options possibles pour confectionner des déjeuners équilibrés d’un point de vue nutritionnel sont également fournies aux parents. De ce fait, tout comme le personnel de cantine, les enseignants ont reçu une formation supplémentaire de manière à ce qu’ils puissent offrir un enseignement en Nutrition et Cuisine. Certains établissements vont encore plus loin, en interdisant les chips, sucreries et boissons gazeuses sur la cour et lors de voyage scolaire.

Les organismes régulateurs ainsi que les autorités locales doivent obtempérer à ces régulations/mesures afin d’instaurer de bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge. Une association impliquée en politique nutritionnelle, travaille d’arrache pied pour faire bouger les choses : Sustain. Elle est supportée par plus de 300 organisations (entre autre British Dietetic Association, British Heart Foundation, Caroline Walker Trust, Diabetes UK, Fairtrade Foundation, National Trust, Soil Association et World Cancer Research Fund) et 12 000 membres du publique.
Concernant les enfants, un gros travail a été fait parfois sans grand résultat. La campagne The Children’s Food Campaign, pour laquelle j’ai participé, avait pour but de bannir les spots publicitaires sur les aliments industriels avant 21h00 afin de limier leur visualisation par les enfants. Malgré le nombre impressionnant de signatures obtenues, le gouvernement a refusé cette proposition.
Jamie Oliver lui aussi s’est grandement impliqué pour faire évoluer la qualité des repas servis dans les écoles en présentant / animant plusieurs émissions sur ce sujet. Il a également écrit plusieurs lettres et pétitions afin de faire réagir le gouvernement.

Du côté français, les objectifs du PNNS sont relégués au niveau régional. Les mesures misent en place sont très similaires à celles observées en Angleterre. Elles concernent le dépistage et la prévention de l’obésité (utilisation du disque de mesure de l’IMC et des courbes de corpulence Annexe 4), l’offre alimentaire en milieu scolaire (suppression des distributeurs automatiques), et les actions pédagogiques (élaboration de fiches éducatives destinées a l’enfant et disponible sur le site web : www.mangerbouger.fr). Des mesures particulières sont également apportées pour répondre aux besoins spécifiques des populations défavorisées et des personnes en situation précaire.

Myriam FAURE
myriamf@hotmail.co.uk

>> Bibliographie et annexes
 

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