|
|
>Les besoins des enfants et adolescents
La croissance à cette période
de la vie n’est pas seulement
d’ordre physique, mais elle comprend
également les domaines social,
cognitif et émotionnel de l’enfant.
Puisque les enfants âgés entre 3 et
13 ans grandissent et changent
constamment, ils doivent être
surveillés régulièrement par un
professionnel de santé afin de
permettre la détection et le
traitement d’éventuels problèmes
(tels que la malnutrition ou les
troubles de l’absorption digestive)
le plus tô t possible. Ceci doit
comporter notamment des mesures
anthropométriques (poids, taille,
calcule de l’IMC (1) et du rapport
poids/taille). Ces valeurs seront
ensuite reportées sur une courbe de
croissance qui permettra un
contrôler l’évolution de l’enfant en
termes de poids.
Les besoins en énergie pour les
enfants et adolescents âgés entre 1
et 18 ans varient entre 2000 et
2900kcal. Ils sont plus importants
que ceux des adultes, en proportion
de leur taille, car les dents, les
os, les muscles ainsi que le système
sanguin sont en plein développement.
Ces valeurs doivent évidemment être
ajustées en fonction de leur
activité physique et de leur stature
(mince ou surpoids) (Annexe
3). La
suralimentation durant l’enfance
prédispose aux problèmes de poids à
l’âge adulte. La prise de poids des
enfants s’accompagne d’une
multiplication des cellules
adipeuses (plus nombreuses), alors
que pendant l’âge adulte l’excès
pondéral est du à l’élargissement
des cellules déjà existantes (plus
larges). Néanmoins, il n’est pas
recommandé de faire suivre un régime
aux enfants en surpoids, un simple
ajustement des apports sera
suffisant en respectant les
proportions définit par l’Afssa*.
La proportion corporelle en tissus
adipeux (graisses) diminue
progressivement au cours des
premières années de l’enfance,
atteignant un minimum entre 4 à 6
ans. Ensuite vers 6-8 ans, les
enfants sont sujets à ce qu’on
appelle « le rebond de corpulence »,
qui correspond à une augmentation de
leur poids (de masse graisseuse)
afin de « se préparer » à la poussée
de croissance qui aura lieu durant
l’adolescence. Les différences de
composition corporelle deviennent
particulièrement apparentes entre
les filles et les garçons, ces
derniers étant plus mince.
Les risques de carence en fer sont
particulièrement importants entre 1
et 3ans, cette carence pouvant mener
à de l’anémie (2) et des problèmes
psychomoteurs. Cette période de
croissance rapide de l’enfant est
marquée par une augmentation de
l’hémoglobine et des réserves en
fer, d’où des besoins accrus. Cette
carence peut également être due au
fait que les enfants à cet âge sont
nourris principalement au lait or le
lait est pauvre en fer. Le fer
existe sous deux formes dans les
aliments : le fer héminique, trouvé
dans la viande et le poisson, et le
fer non-héminique que l’on retrouve
dans les légumes, les œufs et les
produits laitiers ; le premier étant
nettement mieux absorbé par
l’organisme que le second.
Néanmoins, il faut faire attention à
ce que ces apports ne soient pas
trop important : plus 40 mg pour les
enfants de 13 ans et moins, et à 45
mg pour les personnes de 14 ans et
plus.
Les apports en calcium doivent
toujours être suffisants afin
d’acquérir un capital osseux
optimal, celui-ci étant en effet
établi à l’âge de 20 ans (pic de
masse osseuse). Le lait et les
produits laitiers sont les
meilleures sources de calcium dû à
la présence de la vitamine D, de
phosphore et de lactose qui améliore
son assimilation et sa fixation
osseuse.
Le zinc est essentiel pour une bonne
croissance, les carences menant à
une perte de l’appétit, une
diminution de l’acuité gustative et
une mauvaise cicatrisation. On
retrouve cet oligoélément dans les
huitres et autres fruits de mer (si
l’enfant accepte d’en manger…), les
germes de blé (qui peuvent être
souspoudrées sur une salade, une
soupe ou même mélangé à un yaourt),
la viande (bœuf haché et dinde), les
graines de citrouille et de
tournesol, les pains et céréales
complètes, les noix et amandes ainsi
que dans les légumineuses. Les
examens en laboratoire ne permettent
pas un diagnostic précis ; un retard
de croissance, une chute de cheveux,
une perte du gout et de l’odorat et
des lésions au niveau de la peau
sont les signes cliniques les plus
communs.
Les apports en protéines et
en sel
doivent quant à eux être modères. En
effet, les carences en protéines
sont rares en France, la quantité de
viande, poissons, crustacés et œufs
consommés par jour étant suffisante.
De plus, les besoins en protéines
par kilogramme de masse corporelle
diminuent à partir de 3ans.
L’alimentation durant l’adolescence
doit là encore permettre de
favoriser la croissance, promouvoir
une bonne santé et être savoureuse.
Durant cette période de nombreux
changements physiologiques
surviennent tels que notamment une
croissance rapide (poussée de 8 à
12cm par an), un gain considérable
en os et muscles et une maturation
sexuelle influençant ainsi les
besoins nutritionnels.
Les adolescents en générale
raffolent des fast-foods, des
confiseries, des plats cuisinés, des
boissons gazeuses et autre
nourriture industrielles. Leur
alimentation est ainsi riche en
acide gras saturés (pizza,
hamburger, frites, etc.) et sucres
rapides (pâtisseries, bonbons,
boissons gazeuses, etc.) et ne
couvre pas leur besoins en vitamines
et minéraux. De plus, les
adolescents sautent souvent des
repas, le petit-déjeuner plus
particulièrement.
En effet, l’Etude
Nationale Nutrition Santé (ENNS)
2006 a montré que les adolescents,
tout comme les enfants, ne
consommaient pas assez de fruit et
légumes, de viandes, produits de la
pêche ou œufs, de produits laitiers
et de glucides complexes. En
revanche leur consommation de
matières grasses et de produits
sucrés étaient supérieures aux
recommandations faites par le PNNS.
C’est également durant l’adolescence
que surviennent les premières
règles. Le déficit en fer qui
accompagne la perte menstruelle doit
être compensé par une alimentation
suffisamment riche en ce minéral. La
forme de fer la plus assimilable par
l’organisme se trouve principalement
dans la viande rouge, toutefois les
légumineuses, les fruits secs, les
noix et amandes ainsi que les
légumes verts sont des sources non
négligeables. Les carences en
vitamines A et E sont également
courantes ainsi que celles des
vitamines du groupe B (B6, B2 et
acide folique) due a la prise de
contraception orale.
Au cours de la puberté, une
modification de l’image que
l’adolescent a de son corps se
produit. Un schéma et une perception
corporels déformés peuvent mener à
des troubles du comportement
alimentaire tels que l’anorexie et
la boulimie. En effet, certains
adolescents considèrent la maigreur
(IMC<18) comme silhouette idéal.
Le rôle des parents à ce stade est
d’encourager tant que possible une
alimentation saine et équilibre.
Manger en famille et à table incite
à adopter de bonnes habitudes
alimentaires, cela permet d’éviter
le grignotage et d’obtenir une
meilleur appréciation des aliments
consommés. De plus, la probabilité
que l’enfant ou l’adolescent suive
l’exemple de ses parents est
augmentée. En effet, c’est à cette
période de la vie que les habitudes
alimentaires s’obtiennent. Le/la
forcer à finir son assiette même si
il/elle n’a plus faim est à éviter.
Il est toutefois recommandé de
s’assurer qu’il/elle en a mangé une
quantité raisonnable, en particulier
concernant les légumes. Le/la priver
de dessert pourrait être à l’origine
de mauvaises relations futures avec
la nourriture (desserts, produits
sucrés = récompense). Ainsi être
trop ferme peut mener à des troubles
du comportement alimentaire.
* Pour plus d’information lire le
dossier Politique Nutritionnelle
(1) IMC : Indice de Masse
Corporelle
(2) Anémie : condition caractérisée
par une réduction du nombre de
globules rouges par unité de volume
de sang, ou d’une diminution du taux
d’hémoglobine sanguin. En cas
d’anémie ferriprive, la quantité de
fer est insuffisante pour produire
assez de globules rouges.
>> La
recherche, nutrition des enfants et adolescents
|