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Nutrition et digestion


Par Myriam Faure, le 03/12/2009

La colopathie fonctionnelle est une condition regroupant un nombre important de conditions, toutes liées au transit intestinal. Elle affecte principalement le colon même si des répercussions se font souvent sentir au niveau de l’intestin grêle et même parfois de l’estomac. En France, ce terme n’est pas très connu du grand public alors que son équivalent anglais est bien plus populaire en Grande-Bretagne: Irritable Bowel Syndrome (IBS).
Vous sentez-vous souvent ballonné, constipé ou souffrez-vous régulièrement de diarrhée, de maux de ventre ? Peut-être êtes-vous atteint de colopathie fonctionnelle ?



Qu’est-ce que la colopathie fonctionnelle ?


Elle correspond à des troubles chroniques (persistant) du colon associés à des symptômes de dysfonctionnements intestinaux. La colopathie fonctionnelle est souvent définie comme une douleur ou une sensation de gêne persistante associée à 2 des critères suivants : soulagement avec la défécation, des selles plus liquides ou fréquentes, des selles plus dures ou fréquentes.

Les symptômes les plus courants sont douleurs abdominales, constipation ou diarrhée, ballonnements et flatulences. Ces symptômes apparaissent soit à cause d’anomalie de la motilité intestinale, soit de troubles sensoriels ou une combinaison des deux.
Il en existe deux formes déterminées par la consistance des selles: à prédominance de constipation (selles plutôt dures et difficiles à évacuer) ou de diarrhée (selles fréquentes et liquides).

Cette condition est plutôt rependue, sachant qu’environ 20% de la population en souffre, les femmes étant plus touchées que les hommes. Elle atteint aussi bien les enfants que les personnes âgées toutefois la majorité des individus souffrant de colopathie fonctionnelle ont entre 30 et 50 ans.
Contrairement à la colopathie organique, la colopathie fonctionnelle n’est pas due à une anomalie du côlon, du rectum ou de l’anus. Il n’y a donc aucune inflammation, lésion des tissus ou implication immunologique.

La douleur, l’inconfort et l’embarras que provoque la colopathie fonctionnelle peut affecter grandement la qualité de vie de l’individu. Certains sujets sont amenés à restreindre leur alimentation due à la douleur que génère l’ingestion de nourriture. Même si les symptômes sont bénins ils n’en restent pas moins gênant et peuvent affecter la vitalité de l’individu, son moral, sa vie sociale pouvant mener à de l’absentéisme et une prise de médicaments parfois importante. Par conséquent, la colopathie fonctionnelle peut devenir un problème de santé publique.

Les causes restent incertaines ce qui rend cette condition difficile à traiter. Il semblerait que la dépression, le stress et l’anxiété soient des facteurs de risques. Un changement d’alimentation, un mauvais mode de vie (manque d’activité physique, consommation excessive d’alcool et de cigarette, etc.), une intolérance alimentaire, une hypersensibilité viscérale ou une mauvaise microflore intestinale peuvent également être à l’origine de la colopathie fonctionnelle.

Quelque soit la cause, les intestins sont des organes très sensibles. Ils possèdent en effet un réseau complexe de cellules nerveuses (100 millions): le système nerveux entérique. Ce système contrôle la motricité, la vascularisation et les sécrétions du système digestif. Ce système sécrète environ 20 neurotransmetteurs similaires à ceux sécrétés par le cerveau. Les deux organes se ressemblent donc d’un point de vue structurel mais également fonctionnel, on désigne ainsi parfois l’intestin comme étant un second cerveau.
Le cerveau et les intestins sont en communication directe, mais les interactions entre ces systèmes sont complexes. Les stimulations intestinales étant commandées par le cerveau de façon inconsciente, le stress et l’anxiété agiraient sur les intestins par cette voie déclenchant ainsi des épisodes de diarrhée ou de constipation. Ces épisodes peuvent parfois perdurer lorsque le stress et l’anxiété persistent (stress post-traumatique occasionné à la suite d’un accident, d’un deuil…).
De plus, grâce à son système nerveux les intestins jouent un rôle décisif dans la protection de l’organisme (=immunité).
Cette similitude fonctionnelle entre le cerveau et les intestins explique pourquoi les antidépresseurs sont parfois prescrits aux individus souffrant de colopathie fonctionnelle.



Les intestins et la digestion


L’appareil digestif s’étend de la bouche à l’anus. Il comprend les organes digestifs (bouche, œsophage, estomac, intestins) et les glandes annexes (les glandes salivaires, le pancréas, la vésicule biliaire, la rate et le foie). La digestion a pour but de transformer les aliments ingérés de manière à en extraire les nutriments nécessaire à l’organisme et d’éliminer, par les selles et les urines, l’inutile.

La digestion commence dans la bouche grâce à la mastication et la salivation : les aliments sont broyés et une partie de l’amidon est réduite en glucose. Le bol alimentaire ainsi obtenu rejoint l’estomac en passant par l’œsophage (ce long « tube » qui relie la bouche a l’estomac). Les aliments vont ensuite subir une action mécanique (le brassage : contraction de l’estomac) et une action chimique (sécrétion d’acide chlorhydrique et d’enzymes contenus dans le suc gastrique) afin d’obtenir le chyme. Les aliments ingérés restent dans l’estomac entre 1 et 3 heures.

Jusqu'à présent seuls l’amidon et les protéines (par les pepsines élaborées par la muqueuse stomacale) ont été dégradés, l’essentiel de la digestion s’effectuant au niveau de l’intestin grêle. Cet organe a un diamètre de 4cm et mesures environ 6m de long. Il peut être divisé en 3 parties : le duodénum, qui lie l’estomac à l’intestin, le jéjunum, qui correspond à la partie centrale, et l’iléon, la partie terminale reliée au côlon. La bile, produite par le foie et emmagasinée par la vésicule biliaire, va permettre la digestion et l’absorption des lipides. Elle est également nécessaire à l’absorption des vitamines liposolubles (K, E, D et A). Les enzymes du suc pancréatique vont achever la digestion de l’amidon, des protéines et des lipides. Le chyme progresse tout au long de l’intestin grêle grâce aux mouvements péristaltiques. A différents niveaux de l’intestin, le chyme va être dégradé en molécules suffisamment petites pour être absorbées par la paroi intestinale, et pour rejoindre la circulation sanguine. La majorité des aliments sont absorbés dans les premiers 80cm de l’intestin (duodénum et début du jéjunum).

Le côlon reçoit les éléments qui n’ont pas été absorbés par l’intestin grêle. Il contient de nombreuses bactéries qui produisent des gaz (notamment hydrogène, gaz carbonique, azote et méthane) et certaines vitamines (K et certaines du groupe B). La majorité de l’eau est absorbée dans le côlon. Les selles sont acheminées jusqu’au rectum par des mouvements péristaltiques mais surtout des mouvements de masse. Chez les individus souffrant de colopathie fonctionnelle, la motilité (activité propulsive et contractile) du côlon est anormale affectant ainsi le transit. Celui-ci peut être divisé en trois composantes : la vidange gastrique, le transit de l’intestin grêle et le transit du côlon.

La digestion ne peut se faire que grâce à l’intervention des hormones gastro-intestinales, telle que la gastrine, qui régulent la sécrétion des sucs et des enzymes, et contrôlent la motricité du tube digestif (mouvement de contraction de l’estomac, péristaltismes, etc.).

Généralement, entre 24 et 40 heures sont nécessaires pour qu’un repas traverse le tube digestif, mais la durée du transit varie grandement d’un individu à un autre en fonction de la composition du repas en terme de qualité (équilibré ou trop riche en matières grasses et/ou en sucre) et de quantité. Un transit normal est compris entre 3 selles par jour à 2-3 selles par semaine. La diarrhée résulte d’un passage accéléré des selles dans le côlon, l’eau n’a donc pu être absorbée et les selles sont trop liquides. La constipation, au contraire, est induite lorsque les selles ne sont pas évacuées assez rapidement. L’eau va être absorbée parfois en totalité rendant leur évacuation difficile.



Améliorer les symptômes


Comme les causes ne sont pas claires, il n’existe pas de traitement unique mais plutôt un ensemble de mesures qui permettent à l’individu de se sentir mieux. Dans certains cas, les symptômes peuvent même disparaître. Il y a de fortes chances que la condition soit liée au psychique, il est donc essentiel de traiter l’individu dans son ensemble, et pas seulement les symptômes, en travaillant sur plusieurs niveaux.

D’un point de vue nutritionnel, nous réagissons tous de manière différente face aux aliments que nous ingérons, certains individus vont ainsi développer un/des symptôme(s) avec un aliment et d’autre pas. Il est primordial d’avoir des apports suffisants en fibres et de boire beaucoup d’eau (1.5l par jour) en particulier chez les sujets constipés. Les fibres sont la partie indigeste des végétaux retrouvées dans les fruits, légumes, légumineuses, céréales, noix et fruits secs. Elles font partie de la famille des glucides (polysaccharides). Il en existe deux catégories :

Les fibres insolubles qui incluent la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Comme elles retiennent l’eau, elles permettent la formation de selles volumineuses et « tendre » ce qui a pour conséquence de raccourcir la durée du transit intestinal. Les aliments riches en fibres insolubles sont par exemple le son de blé, les haricots secs, le riz complet, les lentilles et les céréales complètes.

Les fibres solubles qui comprennent les mucilages et pectines. Elles rendent les selles visqueuses facilitant leur excrétion. On les retrouve principalement dans les fruits (poires, pommes, figues, fraises, agrumes, etc.), les légumes (céleri, artichaut, choux de Bruxelles, haricots verts, brocoli, etc.), les graines de lin, l’avoine et l’orge.
Certaines fibres fermentent et les produits de cette fermentation ont des effets bénéfiques pour la santé tels que la régulation du glucose sanguin (important pour les diabétiques), et la réduction du taux de cholestérol sanguin et ainsi les risques de maladie cardiovasculaire. Plus une fibre est soluble dans l’eau (hydrosoluble) plus elle fermente, c’est le cas de la pectine et l’hémicellulose.
En résumé, les fibres permettent d’augmenter le poids des selles, le transit au niveau du côlon et la fréquence d’évacuation des selles.
Mais attention, consommées en excès, les fibres peuvent être à l’origine de diarrhée. En France, les recommandations concernant les fibres sont comprises entre 20 et 35g par jour. Selon le Codex Alimentarius (5), un aliment riche en fibres correspond à un aliment ayant une teneur en fibre de 6g par 100g de produit ou de 3g pour 100kcal. La quantité de fibres contenue dans les fruits et légumes est comprise environ entre 1 et 9g par 100g (valeur moyenne respective 1,2g/100g et 2,3g/100g). Le cassis, les framboises et groseilles ont une teneur proche de 8g/100g. Les fruits secs tels que les pruneaux, les abricots, les figues et les dattes en sont également riche ainsi que le pain complet (7g /100g) et les légumes secs (une fois cuits environ 8g/100g).

Contradictions concernant les fibres
- Eviter les fibres solubles et mixtes (fibre comportant une partie soluble et une partie insoluble, comme les graines de lin ou le son d’avoine par exemple) lors de diarrhées
- Eviter les fibres insolubles et mixtes pour les sujets constipés
- Limiter les apports en fibres solubles et mixtes chez les diabétiques cherchant à réguler leur glucose (type I) car elles entrainent une diminution de la glycémie et/ou de l’insulinémie postprandiale.

Il est également conseillé de consommer avec modération les aliments trop gras (viande rouge, fromage…) et éviter ceux transformés industriellement car ils ralentissent la vidange gastrique et constipent.
Néanmoins, les acides gras polyinsaturés, plus particulièrement les omégas 3, aideraient à prévenir les réactions inflammatoires notamment au niveau du tube digestif assurant ainsi une digestion et un transit convenable. Les acides gras omégas 3 et 6 sont les précurseurs d’agents inflammatoires (écosanoïdes et cytokines) mais ces deux catégories de molécules ont des effets antagonistes : la famille issue des omégas 3 inhibent les réactions inflammatoires (moins puissant) alors que celle des omégas 6 les stimulent. Les deux familles sont bien sur importantes afin d’avoir des réactions inflammatoires normales, il est donc essentiel d’avoir des apports équilibrés en omégas 3 et 6. Par exemple, une alimentation trop riche en oméga 3 (issu d’une prise de compléments alimentaires tels que l’huile de poisson) pourrait générer flatulences, ballonnements, renvois et diarrhée.

De plus, un régime alimentaire pauvre en sucres rapides diminuera la production de gaz. Les aliments qui fermentent rapidement augmentent la production de gaz à une vitesse telle que le colon ne peut l’absorber suffisamment vite et il s’accumule donc à l’intérieur de celui-ci générant une sensation de gêne. Les céréales raffinées, les produits sucrés, certains fruits riches en sucre comme la banane ainsi que les légumes secs seront donc à éviter.
D’autres aliments peuvent être à l’origine de gaz : le poisson, les produits laitiers, le concombre, les champignons, l’oignon, les légumes riches en soufre (les choux de Bruxelles, choux, brocoli), le radis, les asperges, l’ail, la patate douce, le maïs, les amandes et noix, les épinards, les boissons gazeuses et les aliments contenant des levures (bière, marmite).
Pour la forme à prédominance de diarrhée, les aliments irritants pour les muqueuses digestives, qui pourraient rendre la digestion encore plus difficile, sont également à bannir, ceux sont notamment les épices, les crudités, les fruits acides (tomate, agrumes, prunes…), la vinaigrette, les boissons gazeuses et la croûte de pain. Eviter le tabac sachant qui est aussi irritant pour les muqueuses.
Il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes et céréales donc avant de retirer ces aliments de votre régime tenez un agenda. Tenir un agenda alimentaire est utile afin d’identifier les aliments ou boissons déclenchant les symptômes, l’alimentation pourra par conséquent être modifiée. Par exemple, en cas d’intolérance au lactose le lait pourra être remplacé par du lait de soja, d’amande ou de riz. Concernant l’intolérance au gluten, la pomme de terre, le tapioca, le riz et la maïzena devront substituer le blé, le seigle, l’avoine, l’orge et le maïs. Si vous avez des doutes ou besoin de conseils, vous pouvez toujours aller consulter un diététicien qui vous aidera à déceler d’éventuelles intolérances alimentaires, telles que celles au gluten, au lactose ou au fructose.

Le yaourt peut être une bonne alternative au lait pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose. En effet, le yaourt, de par l’activité des bactéries lactiques qui transforment le lactose en acide lactique, a une teneur en lactose inferieure à celle du lait. Elle n’est pas nulle mais suffisante, dans la majorité des cas, pour que le yaourt soit toléré. De plus, il a pour propriété de diminuer les symptômes d’inconfort intestinal. L’acide lactique et le lactose ont un effet laxatif léger, et les bactéries contenues dans le yaourt ainsi que son acidité ont des vertus antiseptiques car ils permettent d’inhiber le développement des microorganismes pathogènes et de ce fait promeuvent une bonne digestion.
Les bactéries Lactobacillus acidophilus et Lactobacillusbifidus (probiotiques 7) présentes dans certains laits fermentés sembleraient pouvoir améliorer les fonctions immunitaires et la barrière protectrice du tube digestif en rééquilibrant la flore intestinale. Toutefois les résultats de récentes études effectuées sur le traitement de la colopathie fonctionnelle par les probiotiques ne sont pas unanimes quant à leur efficacité, et leur mode d’action reste peu claire. Essayez-les pendant quelques jours et si les symptômes persistent arrêtez la prise.

Finalement, un dysfonctionnement du foie peut mener à des problèmes digestifs tels que constipation, douleurs abdominales après les repas ou intolérance aux graisses. Comme indiqué précédemment, le foie intervient dans la digestion des lipides en sécrétant la bile. L’artichaut et ses feuilles en particulier ont prouvés être efficace pour lutter contre les troubles digestifs d’origine hépatiques.

Il est préférable de changer un élément de son alimentation à la fois (augmentation des apports en fibres, diminution de la consommation des produits riches en gras, ensuite en sucres rapides…) afin d’identifier l’aliment à l’origine des problèmes de transit.

Pour lutter contre le stress et l’anxiété, je recommanderais de pratiquer une activité sportive telle que le yoga ou le Pilates, ou bien encore une activité plus intense (vélo, jogging, natation) qui améliorera la qualité du sommeil tout en favorisant l’évacuation des selles, car l’exercice encourage les mouvements péristaltiques. Pensez également à respirer correctement, avaler de l’air (en mâchant du chewing-gum ou en parlant quand on mange par exemple) peut générer des gaz dans le tube digestifs.
Assurez-vous que vous vous assoyez pendant les repas, dans la mesure du possible dans un environnement relaxant et agréable. Essayez de manger des repas plus petit plus fréquemment, je recommande 4 à 5 repas pas jour (petit-déjeuner, déjeuner, diner, plus une ou deux collations) espacés de 4 heures au maximum.
Des infusions telles que celles de feuilles de menthe poivrée, de camomille, de tilleul ou de verveine préconisent la relaxation.
Buvez suffisamment, eau ou tisane, avant ou après le repas mais éviter pendant. Boire trop de liquide pendant un repas peu « diluer » les enzymes stomacales et rendre la digestion des protéines plus difficile.
En gros, consacrez du temps pour vous-même et cherchez la technique de relaxation qui vous conviendra.
Finalement, je conseillerais d’allez consulter un gastro-entérologue si ce n’est déjà fait.




Commentaires
Par Jr le 09/09/2015
tout et son contraire est dit sur cette maladie,ce qui est bon ,devient mauvais dans un article suivant.je croix que la meilleure façon de traiter la colopathie et de se faire un pronostic basé sur des essais des produits acceptés ou non.

Par Jr le 09/09/2015
Que de contradictions dans les différents articles traitant de cette maladie,ce qui est bon dans une publication et mauvais dans d'autres...Je croix qu'il n'y a pas de traitement collectif mais une approche individuelle par essais de tolérance au produit

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