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Améliorer les symptômes
Comme les causes ne sont pas
claires, il n’existe pas de
traitement unique mais plutôt un
ensemble de mesures qui permettent à
l’individu de se sentir mieux. Dans
certains cas, les symptômes peuvent
même disparaître. Il y a de fortes
chances que la condition soit liée
au psychique, il est donc essentiel
de traiter l’individu dans son
ensemble, et pas seulement les
symptômes, en travaillant sur
plusieurs niveaux.
D’un point de vue nutritionnel,
nous réagissons tous de manière
différente face aux aliments que
nous ingérons, certains individus
vont ainsi développer un/des
symptôme(s) avec un aliment et
d’autre pas. Il est primordial
d’avoir des apports suffisants en
fibres et de boire beaucoup d’eau
(1.5l par jour) en particulier chez
les sujets constipés. Les fibres
sont la partie indigeste des
végétaux retrouvées dans les fruits,
légumes, légumineuses, céréales,
noix et fruits secs. Elles font
partie de la famille des glucides
(polysaccharides). Il en existe deux
catégories :
les fibres
insolubles qui incluent la
cellulose, l’hémicellulose et la
lignine. Comme elles retiennent
l’eau, elles permettent la formation
de selles volumineuse s et « tendre »
ce qui a pour conséquence de
raccourcir la durée du transit
intestinal. Les aliments riches en
fibres insolubles sont par exemple
le son de blé, les haricots secs, le
riz complet, les lentilles et les
céréales complètes.
les fibres
solubles qui comprennent les
mucilages et pectines. Elles rendent
les selles visqueuses facilitant
leur excrétion. On les retrouve
principalement dans les fruits
(poires, pommes, figues, fraises,
agrumes, etc.), les légumes (céleri,
artichaut, choux de Bruxelles,
haricots verts, brocoli, etc.), les
graines de lin, l’avoine et l’orge.
Certaines fibres fermentent et les
produits de cette fermentation ont
des effets bénéfiques pour la santé
tels que la régulation du glucose
sanguin (important pour les
diabétiques), et la réduction du
taux de cholestérol sanguin et ainsi
les risques de maladie
cardiovasculaire. Plus une fibre est
soluble dans l’eau (hydrosoluble)
plus elle fermente, c’est le cas de
la pectine et l’hémicellulose.
En résumé, les fibres permettent
d’augmenter le poids des selles, le
transit au niveau du côlon et la
fréquence d’évacuation des selles.
Mais attention, consommées en excès,
les fibres peuvent être à l’origine
de diarrhée. En France, les
recommandations concernant les
fibres sont comprises entre 20 et
35g par jour. Selon le Codex
Alimentarius (5), un aliment riche
en fibres correspond à un aliment
ayant une teneur en fibre de 6g par
100g de produit ou de 3g pour
100kcal. La quantité de fibres
contenue dans les fruits et légumes
est comprise environ entre 1 et 9g
par 100g (valeur moyenne respective
1,2g/100g et 2,3g/100g). Le cassis,
les framboises et groseilles ont une
teneur proche de 8g/100g. Les fruits
secs tels que les pruneaux, les
abricots, les figues et les dattes
en sont également riche ainsi que le
pain complet (7g /100g) et les
légumes secs (une fois cuits environ
8g/100g).
Contradictions concernant les
fibres
- Eviter les fibres solubles et
mixtes (fibre comportant une partie
soluble et une partie insoluble,
comme les graines de lin ou le son
d’avoine par exemple) lors de
diarrhées
- Eviter les fibres insolubles et
mixtes pour les sujets constipés
- Limiter les apports en fibres
solubles et mixtes chez les
diabétiques cherchant à réguler leur
glucose (type I) car elles
entrainent une diminution de la
glycémie et/ou de l’insulinémie
postprandiale (6)
Il est également conseillé de
consommer avec modération les
aliments trop gras (viande rouge,
fromage…) et éviter ceux transformés
industriellement car ils
ralentissent la vidange gastrique et
constipent.
Néanmoins, les acides gras
polyinsaturés, plus particulièrement
les omégas 3, aideraient à prévenir
les réactions inflammatoires
notamment au niveau du tube digestif
assurant ainsi une digestion et un
transit convenable. Les acides gras
omégas 3 et 6 sont les précurseurs
d’agents inflammatoires (écosanoïdes
et cytokines) mais ces deux
catégories de molécules ont des
effets antagonistes : la famille
issue des omégas 3 inhibent les
réactions inflammatoires (moins
puissant) alors que celle des omégas
6 les stimulent. Les deux familles
sont bien sur importantes afin
d’avoir des réactions inflammatoires
normales, il est donc essentiel
d’avoir des apports équilibrés en
omégas 3 et 6. Par exemple, une
alimentation trop riche en oméga 3
(issu d’une prise de compléments
alimentaires tels que l’huile de
poisson) pourrait générer
flatulences, ballonnements, renvois
et diarrhée.
De plus, un régime alimentaire
pauvre en sucres rapides
diminuera la production de gaz. Les
aliments qui fermentent rapidement
augmentent la production de gaz à
une vitesse telle que le colon ne
peut l’absorber suffisamment vite et
il s’accumule donc à l’intérieur de
celui-ci générant une sensation de
gêne. Les céréales raffinées, les
produits sucrés, certains fruits
riches en sucre comme la banane
ainsi que les légumes secs seront
donc à éviter.
D’autres aliments peuvent être à
l’origine de gaz : le poisson, les
produits laitiers, le concombre, les
champignons, l’oignon, les légumes
riches en soufre (les choux de
Bruxelles, choux, brocoli), le
radis, les asperges, l’ail, la
patate douce, le maïs, les amandes
et noix, les épinards, les boissons
gazeuses et les aliments contenant
des levures (bière, marmite).
Pour la forme à prédominance de
diarrhée, les aliments irritants
pour les muqueuses digestives, qui
pourraient rendre la digestion
encore plus difficile, sont
également à bannir, ceux sont
notamment les épices, les crudités,
les fruits acides (tomate, agrumes,
prunes…), la vinaigrette, les
boissons gazeuses et la croûte de
pain. Eviter le tabac sachant qui
est aussi irritant pour les
muqueuses.
Il est essentiel d’avoir une
alimentation équilibrée riche en
fruits, légumes et céréales donc
avant de retirer ces aliments de
votre régime tenez un agenda (Annexe 1). Tenir un agenda alimentaire
est utile afin d’identifier les
aliments ou boissons déclenchant les
symptômes, l’alimentation pourra par
conséquent être modifiée. Par
exemple, en cas d’intolérance au
lactose le lait pourra être remplacé
par du lait de soja, d’amande ou de
riz. Concernant l’intolérance au
gluten, la pomme de terre, le
tapioca, le riz et la maïzena
devront substituer le blé, le
seigle, l’avoine, l’orge et le maïs.
Si vous avez des doutes ou besoin de
conseils, vous pouvez toujours aller
consulter un diététicien qui vous
aidera à déceler d’éventuelles
intolérances alimentaires, telles
que celles au gluten, au lactose ou
au fructose.
Le yaourt peut être une bonne
alternative au lait pour les
personnes souffrant d’intolérance au
lactose. En effet, le yaourt, de par
l’activité des bactéries lactiques
qui transforment le lactose en acide
lactique, a une teneur en lactose
inferieure à celle du lait. Elle
n’est p as nulle mais suffisante,
dans la majorité des cas, pour que
le yaourt soit toléré. De plus, il a
pour propriété de diminuer les
symptômes d’inconfort intestinal.
L’acide lactique et le lactose ont
un effet laxatif léger, et les
bactéries contenues dans le yaourt
ainsi que son acidité ont des vertus
antiseptiques car ils permettent
d’inhiber le développement des
microorganismes pathogènes et de ce
fait promeuvent une bonne digestion.
Les bactéries Lactobacillus
acidophilus et
Lactobacillusbifidus
(probiotiques 7) présentes dans
certains laits fermentés
sembleraient pouvoir améliorer les
fonctions immunitaires et la
barrière protectrice du tube
digestif en rééquilibrant la flore
intestinale. Toutefois les résultats
de récentes études effectuées sur le
traitement de la colopathie
fonctionnelle par les probiotiques
ne sont pas unanimes quant à leur
efficacité, et leur mode d’action
reste peu claire. Essayez-les
pendant quelques jours et si les
symptômes persistent arrêtez la
prise.
Finalement, un dysfonctionnement du
foie peut mener à des problèmes
digestifs tels que constipation,
douleurs abdominales après les repas
ou intolérance aux graisses. Comme
indiqué précédemment, le foie
intervient dans la digestion des
lipides en sécrétant la bile. L’artichaut
et ses feuilles en particulier ont
prouvés être efficace pour lutter
contre les troubles digestifs
d’origine hépatiques.
Il est préférable de changer un
élément de son alimentation à la
fois (augmentation des apports en
fibres, diminution de la
consommation des produits riches en
gras, ensuite en sucres rapides…)
afin d’identifier l’aliment à
l’origine des problèmes de transit.
Pour lutter contre le stress et
l’anxiété, je recommanderais de
pratiquer une activité sportive
telle que le yoga ou le Pilates, ou
bien encore une activité plus
intense (vélo, jogging, natation)
qui améliorera la qualité du sommeil
tout en favorisant l’évacuation des
selles, car l’exercice encourage les
mouvements péristaltiques. Pensez
également à respirer correctement,
avaler de l’air (en mâchant du
chewing-gum ou en parlant quand on
mange par exemple) peut générer des
gaz dans le tube digestifs.
Assurez-vous que vous vous assoyez
pendant les repas, dans la mesure du
possible dans un environnement
relaxant et agréable. Essayez de
manger des repas plus petit plus
fréquemment, je recommande 4 à 5
repas pas jour (petit-déjeuner,
déjeuner, diner, plus une ou deux
collations) espacés de 4 heures au
maximum.
Des infusions telles que celles de
feuilles de menthe poivrée, de
camomille, de tilleul ou de verveine
préconisent la relaxation.
Buvez suffisamment, eau ou tisane,
avant ou après le repas mais éviter
pendant. Boire trop de liquide
pendant un repas peu « diluer » les
enzymes stomacales et rendre la
digestion des protéines plus
difficile.
En gros, consacrez du temps pour
vous-même et cherchez la technique
de relaxation qui vous conviendra.
Finalement, je conseillerais d’allez
consulter un gastro-entérologue si
ce n’est déjà fait.
(5) Codex
Alimentarius : recueil de standards,
de codes de pratique et de
directives relatif à l’alimentation,
la production et l’hygiène
alimentaire, reconnu à l’échelle
internationale.
(6) Postprandiale : après un repas
(7) Probiotiques: microorganismes
vivants qui présentent des effets
potentiellement bénéfiques pour la
prévention et le traitement de
conditions gastro-intestinales
Myriam FAURE
myriamf@hotmail.co.uk
>> Bibliographie et annexes
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