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Les conditions liées à une surconsommation
de lipides
Une élévation des apports en graisses peut
altérer la concentration sanguine en cholestérol
(hypercholestérolémie (8), > 2g/l ou 5,2mmol/l)
et/ou en triglycérides (hypertriglycéridémie,
1,5g/l ou 1,7mmol/l).
Les médecins emploient
aujourd’hui le terme hyperlipoprotéinémie comme
se sont les taux de lipoprotéines qui sont
analysés : LDL et HDL. Un taux élevé en LDL-cholestérol
ainsi qu’un taux de HDL-cholestérol trop
insuffisant sont des facteur de risque. Il a été
démontré que l’HDL protégeait contre les
maladies cardiovasculaires du fait de son rôle
de transport qui favorise l’élimination du
cholestérol. Si le taux de LDL-cholestérol est
en excès, celui-ci se déposera au niveau des
parois des artères formant ainsi des plaques
d’athérome.
Un apport trop important en lipides,
principalement de type saturés et trans,
augmente simultanément le LDL-cholestérol et le
HDL-cholestérol, tandis qu’une consommation
consistante en acide gras mono et polyinsaturés
serait protectrice. Ces acides gras réduiraient
le taux de LDL et augmenteraient l’HDL-cholestérol.
Toutefois, une étude menée pat l’université de
Chicago a établit que la qualité des HDL était
également à prendre en compte ; certains HDL
peuvent être ainsi qualifiés de mauvais
cholestérol (Scanu et Edelstein, 2008).
Ancel Keys en 1980, analysa les données de 16
études faites dans 7 pays dont le taux de
mortalité dus aux maladies cardiovasculaires
était différent (Japon, Italie, Grèce, Hollande,
Yougoslavie, Finlande et les Etats Unis). Il en
a conclu que les risques de maladies
cardiovasculaires étaient associés au taux
sanguin de cholestérol et que ce taux était
directement lié à la consommation en acides gras
saturés. D’autres études confirma ses
conclusions notamment Interheart (Yusuf et al.,
2004). Ainsi, les principaux risques associés à
une hypercholestérolémie concernent les maladies
cardiovasculaires et les maladies des artères
(athérosclérose et ses conséquences : infarctus
du myocarde, artérite des membres inferieurs et
accidents vasculaires cérébraux).
L’athérosclérose est une condition complexe qui
résulte de l’accumulation de dépôts graisseux au
niveau de la paroi des artères. L’évolution de
la maladie se fait en trois étapes :
●
Plaque d’athérome : le diamètre du vaisseau
diminue due au dépôt, au long terme celui-ci
peut se calcifier et le vaisseau se durcit.
●
Sclérose : l’artère s’obstrue de plus en plus ce
qui entraine un ralentissement du flux sanguin.
Si le diagnostique se fait à ce stade, le sujet
peut avoir recourt à l’angioplastie,
c’est-à-dire à la pose d’un stent (9) pour
prévenir l’occlusion d’une artère.
●
Thrombose : un caillot se forme, pouvant
totalement obstruer l’artère et entraîner la
mort du tissu en aval du point d’obstruction. Le
caillot peut rester sur place ou se détacher et
aller atteindre d’autres artères. Les thromboses
sont à l’origine d’infarctus du myocarde (une
des artères irrigant le cœur est bouchée ce qui
mène à la « mort » d’une partie du muscle
cardiaque), d’accident vasculaire cérébral
(l’artère obstruée n’alimente plus le cerveau en
sang celui va donc manquer d’oxygène) ou
d’artérite des membres inférieurs pouvant mener
à la gangrène.
De nombreuses études épidémiologiques ont
tentées d’identifier les éléments nutritionnels
responsables des maladies cardiovasculaires :
les omégas 3 (Diet and Reinfarction Trial et
GISSI-Prevenzione Study), le sodium et le
potassium, les antioxydants (GISSI-Prevenzione
Study, Cambridge Heart Antioxidant Study, et
Knekt et al., 2004) ainsi que les fibres
(Jenkins et al., 1993). Beaucoup d’entre elles
ont examinées l’association entre régime
alimentaire et risques de mortalité coronarienne
dans différentes populations essentiellement
chez les méditerranéens et les japonais, pour ne
citer que quelques unes : Los angeles Veteran
Study, Oslo Diet Heart, Hale project, DART, Lyon
Diet Heart Study et Nurses’ Health Study. La
conclusion de ces recherches est qu’une
alimentation méditerranéenne réduirait les
chances de développer une maladie
cardiovasculaire. En effet, aujourd’hui ce
régime est souvent préconisé en particulier chez
les individus présentant des risques
d’athérosclérose. Les biens fait de ce régime
est accordé a l’huile d’olive riche en acide
oléique (acide gras monoinsaturé, 70% de sa
composition totale) et acides gras
polyinsaturés. Néanmoins, les effets positifs
observés lors de sa consommation sont très
complexes et ne peuvent être attribuées
seulement à l’huile d’olive.
Concernant l’alimentation japonaise, les
bénéfices peuvent être dus à la grande
consommation de soja et de ses dérivés tels que
le tofu et la soupe de miso, qui remplacerait
les protéines d’origine animales et ainsi
diminuerait la consommation d’acides gras
saturés. Les omégas 3 contenus dans les poissons
gras accroissent vraisemblablement le phénomène
(Sekikawa, 2008). Tout comme pour la population
française, un paradoxe est toutefois observé. En
effet, malgré son taux de cholestérol
relativement élevé, la population japonaise
connait une réduction du nombre d’individus
souffrant de maladies cardiovasculaires ou ayant
eu un accident vasculaire cérébral (Ueshima,
2007). La diminution de la pression artérielle
et du nombre de fumeurs au sein de cette
population semble en être la cause.
Par conséquent, des facteurs autres que
l’alimentation sont à prendre en considération
comme l’âge, le sexe, la prédisposition
génétique (hypercholestérolémie familiale) et la
présence d’antécédents familiaux de maladie
cardiovasculaire, l’existence du syndrome
métabolique chez le sujet tel que l’excès
pondéral, l’hypertension et le diabète, le fait
de pratiquer une activité physique, les autres
composants du régime alimentaire (antioxydants)
et le mode de vie (consommation de cigarette et
d’alcool). De plus, il a été démontré que plus
un individu pratiquait une activité physique
moindre était les risques que les lipides se
déposent dans ses artères et/ou soient mis en
réserve. Il n’est pas nécessaire de pratiquer
d’intenses activités, seulement 30 minutes
d’exercice d’intensité modérée (marche,
jardinage, etc.) par jour serait bénéfique (Wannamethee
et Shaper, 2002 ; Morris, 1994 ; et Berlin et
Colditz, 1990).
Depuis 1948, l’équipe de Framingham Heart Study
à Boston, aux USA, cherche à identifier les
facteurs de risques des maladies du cœur et des
vaisseaux sanguins. Ils ont mis en place un
système de score qui permet de prédire ces
risques sur les dix ans à venir. Ce score prend
en compte l’âge, le sexe, les taux de
cholestérol total et d’HDL-cholestérol, la
pression artérielle, la présence ou non de
diabète chez le sujet et la consommation de
cigarette.
A Stockholm, les chercheurs de l’institut
Karolinska ont découvert qu’un régime
alimentaire riche en cholestérol, en acides gras
et en sucre pouvait avoir des répercussions sur
la mémoire et le développement de la maladie
d’Alzheimer (Akterin, 2008). Le cholestérol
diminuerait la présence d’une protéine dans le
cerveau (Arc) impliquée dans le processus de
stockage de la mémoire. Combiné à d’autres
facteurs ceci peut entraîner l’apparition
d’Alzheimer. D’autres études ont démontrées que
la structure membranaire et son statut en
lipides - en particulier en cholestérol –
étaient des facteurs déterminant dans
l’apparition de la maladie. Néanmoins, les avis
ne sont pas unanimes et l’implication exacte du
cholestérol dans le développement de la maladie
reste à être démontrer (Kálmán et Janka, 2005 ;
et Luchsinger et Mayeux, 2004).
Un excès d’apport en acide gras comparé aux
besoins de l’organisme, associé à un régime
alimentaire riche en glucides à fort indice
glycémique, s’accompagnera d’un stockage de ces
nutriments sous forme de graisse dans les tissus
adipeux. A long terme, une insulino-résistance
peut en découler et même éventuellement une
hyperinsulinémie (diabètes de type II).
Dans certains cas, les lipides peuvent
s’accumuler dans le foie (stéatose) et provoquer
des dommages cellulaires, c’est ce qu’on appelle
la cirrhose. Un dérèglement du métabolisme des
lipoprotéines, une infection virale (hépatite)
et l’alcoolisme peuvent en être la cause.
(8) Cholestérolémie :
quantité de cholestérol présent dans
le sang
Hypercholestérolémie : augmentation
trop important du taux de
cholestérol sanguin.
(9) Stent : petit “ressort” disposé
a l’intérieur de l’artère bouchée
afin de la maintenir ouverte et de
permettre au sang de re-circuler
normalement.
>> Le cholestérol et
l’alimentation
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